Le Collectif des journalistes de l’Ituri (CJI) a rendu publique, vendredi 15 mai 2026 à Bunia, sa déclaration finale à l’issue d’une activité de réflexion consacrée à la situation actuelle de la presse dans la province.
Selon le porte-parole du collectif, Rachidi Kudra, les journalistes ont dressé un tableau préoccupant des conditions de travail dans plusieurs organes de presse en Ituri.
Ils dénoncent notamment l’absence de contrats de travail, le non-paiement régulier des salaires ainsi que la précarité socio-économique qui affecte les professionnels des médias et impacte négativement la qualité du travail journalistique.
Le collectif pointe également du doigt le non-respect des critères légaux d’ouverture et de fonctionnement de certains médias, ainsi que le recrutement de personnes ne disposant pas d’une formation adéquate en journalisme. Selon les journalistes, cette situation favorise plusieurs dérives professionnelles observées dans certains organes de presse.
Sur le plan sécuritaire, les journalistes de l’Ituri se sont rappelé avec émotion de l’assassinat du journaliste cameraman de la RTNC, Thierry Banga Lole, tué à son domicile en décembre 2025. Ils ont également évoqué plusieurs cas de menaces, de pressions, de cambriolages et de visites d’hommes armés aux domiciles de certains professionnels des médias.
Le Collectif des journalistes de l’Ituri a, par ailleurs, exprimé ses préoccupations face au retard observé dans l’organisation des élections provinciales de l’UNPC/Ituri, estimant que cette situation contribue à la désorganisation de la corporation journalistique dans la province.
Dans leurs recommandations adressées aux autorités de l’état de siège, les journalistes demandent notamment la sécurisation du processus électoral de l’UNPC/Ituri, l’accès des journalistes à l’information officielle, la fin des arrestations arbitraires ainsi que l’assainissement du secteur médiatique.
Le collectif recommande également à la MONUSCO de soutenir l’organisation des élections provinciales de l’UNPC/Ituri et de renforcer les mécanismes de protection des journalistes dans les zones en conflit.
Aux responsables des médias, les journalistes appellent au respect de la législation du travail, à l’amélioration des conditions socio-économiques des journalistes, au paiement régulier des salaires ainsi qu’à la préservation de l’indépendance éditoriale des médias.
Par cette déclaration, le Collectif des journalistes de l’Ituri réaffirme son engagement en faveur d’une presse professionnelle, libre et responsable au service de la population iturienne.

