Des organisations de la société civile, des mouvements citoyens et des confessions religieuses du Nord et du Sud-Kivu ont annoncé ce jeudi 30 avril 2026 le lancement d’une campagne contre tout projet de révision ou de changement de la Constitution en République démocratique du Congo.
Dans un point de presse à Goma, ces acteurs rappellent que la Constitution, adoptée par référendum en 2005 et promulguée en 2006, constitue un socle fondamental de l’État congolais.
« Cette Constitution est le reflet d’un double consensus : d’abord comme pacte politique républicain issu du dialogue global ayant permis la réunification du pays, ensuite comme pacte social ayant jeté les bases d’une gouvernance participative et des cycles électoraux réguliers », ont-ils déclaré.
Les signataires estiment que ces cycles électoraux ont permis une dynamique démocratique, notamment la première alternance politique entre Joseph Kabila Kabange et Félix Tshisekedi.
Toutefois, ils déplorent une dégradation de la situation politique et sécuritaire.
« Les alliances se sont rompues, les détournements des deniers publics se sont multipliés, la souffrance de la population s’est accrue et, pour couronner le tout, la guerre a refait surface », ont-ils dénoncé.
Face à cette situation, ces forces sociales appellent à un dialogue national inclusif comme préalable à toute réforme majeure.
« Nous estimons qu’un dialogue national inclusif devait précéder tous les accords internationaux et régionaux afin d’en assurer l’appropriation par le peuple pour leur pérennité », ont-elles souligné.
Concernant les initiatives en cours, les organisations affirment avoir accompagné les processus de paix, tout en déplorant des résultats encore insuffisants.
S’opposant fermement à toute révision constitutionnelle, elles mettent en garde contre ses conséquences sur la stabilité du pays.
« Nous dénonçons avec toute notre énergie toute démarche visant le changement constitutionnel, car elle attaque l’essence même de la nation congolaise », ont-elles déclaré.
Évoquant le processus de paix, elles estiment qu’une telle initiative pourrait compromettre les avancées enregistrées.
« Le changement constitutionnel mettrait en péril les consensus obtenus difficilement dans les processus de Doha et de Montreux, prolongeant ainsi la guerre et la souffrance des populations », ont-elles averti.
Les signataires alertent également sur un risque de fragmentation du pays.
« Une seule nation ne saurait avoir deux Constitutions. Une telle démarche ouvrirait la voie à une balkanisation de jure et de facto », ont-ils mis en garde.
Ils expriment des inquiétudes quant aux motivations politiques d’une telle réforme.
« Toute cette manœuvre ne vise qu’un glissement du mandat du président en exercice après 2028. Le destin de plus de 100 millions de Congolais ne peut être hypothéqué pour des ambitions individuelles », ont-ils affirmé.
Ces acteurs sociaux annoncent une mobilisation continue.
« Nous ne lâcherons pas prise. Nous poursuivrons sans relâche les actions de résistance et lançons une série d’activités contre le changement constitutionnel », ont-ils déclaré.
Ces acteurs de la société civile appelle la population ainsi que la communauté nationale et internationale à rester vigilantes.

