Selon des révélations du New York Times, l’administration Trump étudierait un plan de réinstallation controversé impliquant des anciens collaborateurs afghans de l’armée américaine vers la République démocratique du Congo.
L’administration de Donald Trump envisagerait de transférer jusqu’à 1 100 Afghans ayant travaillé avec les forces américaines vers la République démocratique du Congo (RDC), selon des informations rapportées mardi par un travailleur humanitaire cité par le New York Times.
Ces ressortissants afghans, actuellement hébergés dans une ancienne base militaire américaine au Qatar dans l’attente d’une réinstallation aux États-Unis, se seraient vu proposer une option de « réinstallation volontaire », dans un contexte de durcissement des politiques migratoires américaines.
Cette perspective intervient après la suspension d’un programme américain dédié à la réinstallation d’Afghans ayant soutenu l’effort de guerre des États-Unis. Elle suscite déjà de fortes interrogations sur les conditions politiques et sécuritaires de leur éventuel accueil en Afrique centrale, alors que la RDC n’avait jusqu’ici pas été identifiée comme une destination de substitution dans ce type de dispositif.
En RDC, la révélation a provoqué une onde de choc politique et sociale, d’autant plus que le pays a récemment accueilli un premier groupe de migrants expulsés des États-Unis.
Le gouvernement congolais a confirmé l’arrivée d’environ 15 personnes à Kinshasa, sans préciser leur nationalité, tandis que des sources médiatiques évoquent un total d’une quarantaine de migrants déportés.
Dans ce climat tendu, des voix critiques anonymes dénoncent ce qu’elles considèrent comme une dérive stratégique et souveraine.
Dans une déclaration particulièrement virulente, des lanceurs d’alerte affirment : « Depuis 2021, les services de renseignement alertaient leur hiérarchie sur le dossier des migrants afghans. Les premières notes pointaient le risque que cette main-d’œuvre finisse par profiter à l’Ouganda et au Rwanda. Aujourd’hui, avec l’accord passé à Washington, le sens du flux paraît s’être inversé — ces migrants arrivent désormais chez nous. Mais pour combien de temps ? »
Les mêmes sources poursuivent en établissant un lien entre ce projet migratoire et la présence de sociétés de sécurité privées en RDC :
« Le danger ne se limite pas au nombre. Il tient à la nature même du dispositif. Car ce pays recourt déjà aux services d’Erik Prince et de ses mercenaires. Aux supplétifs privés déjà en place viendraient demain s’ajouter les migrants refoulés d’Occident, versés au même creuset d’une armée-bis dans laquelle l’État se déleste, mois après mois, de ses fonctions régaliennes. »
Les critiques anonymes vont plus loin, dénonçant une externalisation progressive des fonctions régaliennes de l’État et une inégalité profonde dans le traitement des forces armées locales :
« Le scandale tient dans les chiffres. Des dizaines de millions de dollars sont engloutis chaque mois dans ces supplétifs venus d’ailleurs. Les mercenaires émargent à près de 10 000 dollars par mois. Les soldats des FARDC, ceux qui tombent, ceux qui dorment dans la boue des tranchées du Nord-Kivu et de l’Ituri, touchent 100 dollars par mois. Cent fois moins. »
Face à ces accusations, aucune réaction officielle détaillée n’a été communiquée ni par Washington ni par Kinshasa concernant l’hypothèse d’un transfert massif de ressortissants afghans vers la RDC.

