L’intensification des frappes aériennes dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) inquiète la communauté internationale. Lors d’une session du Conseil des droits de l’homme à Genève, le 25 mars, la Haut-Commissaire adjointe Nada Al-Nashif a alerté sur le recours croissant aux drones et raids aériens dans les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri.
Selon l’ONG américaine ACLED, 31 frappes ont été recensées en février, un record mensuel depuis le début du suivi des conflits.
Parmi les victimes figure Karine Buisset, collaboratrice française de l’UNICEF, tuée il y a deux semaines à Goma avec au moins deux autres personnes lors d’une frappe de drone.
L’AFC-M23 avait accusé le regime de Kinshasa d’être à la base de cette attaque.
« La poursuite des affrontements et l’usage de drones et d’armes lourdes dans des zones densément peuplées continuent d’avoir des conséquences dramatiques sur les civils », a souligné Bruno Lemarquis, coordinateur humanitaire de l’ONU.
Nada Al-Nashif a enfin rappelé que la population congolaise se retrouve prise au piège d’un contexte complexe mêlant prolifération des groupes armés, ingérence étrangère, tensions ethniques et gouvernance fragile.
Malgré les accords de Washington (décembre 2025) et de Doha (juillet 2025), censés réduire les hostilités, la situation sur le terrain reste critique et les cessez-le-feu largement violés. Les FARDC ont intensifié des frappes aériennes dans le Minembwe au Sud-Kivu et au Nord-Kivu.

