La situation sécuritaire continue de se détériorer dans les Hauts-Plateaux de Minembwe, en territoire de Fizi (Sud-Kivu), malgré la relance du processus de paix à Doha et les appels répétés au cessez-le-feu.
Des attaques par drones et de violents affrontements ont été signalés dimanche 8 février 2026 dans cette région instable de l’est de la République démocratique du Congo.
Selon plusieurs sources locales, des drones de combat attribués aux Forces armées de la RDC (FARDC) et à leurs alliés burundais ont visé, dans la matinée du 8 février, plusieurs villages de la localité de Minembwe. Les villages de Rwitsankuku et Rugezi figurent parmi les zones touchées.
Moïse Nyarugabo, député national honoraire et notable du Sud-Kivu, affirme que plusieurs drones ont bombardé des zones habitées majoritairement par la communauté Banyamulenge. Dans une série de publications sur son compte X, ce proche de l’ancien président Joseph Kabila dénonce des attaques ciblées contre des civils.
Moïse Nyarugabo s’en est également pris au silence de l’Union africaine face à ces événements, accusant l’institution continentale de manquer d’impartialité.
« Je m’adresse en particulier à Monsieur le Président de la Commission de l’Union Africaine à qui je réserve toujours copie de mes posts de dénonciations. Vous êtes toujours saisi de tous les bombardements quotidiens et les victimes à Minembwe, Masisi et Rutshuru et vous avez choisi de toujours garder silence. La seule fois où l’AFC a réagi en envoyant un message à Tshisekedi d’arrêter de tuer les civils, ce qui est un crime de guerre, vous avez eu la force de faire un long communiqué pour dénoncer et qualifier cela d’acte terroriste. Si c’est seulement ça l’Union Africaine, alors pitié pour l’Afrique », a dénoncé Moïse Nyarugabo.

L’ancien sénateur accuse également le président burundais, Évariste Ndayishimiye, de soutenir militairement le gouvernement congolais dans ce qu’il qualifie de massacres contre les Banyamulenge.
« Je dénonce encore et encore cet acharnement meurtrier sur Minembwe et sur les Banyamulenge, œuvre de Monsieur Tshisekedi et de son gouvernement de Kinshasa avec son partenaire de crime, Monsieur Évariste Ndayishimiye et le régime du Burundi. Ce sang des innocents vous sera demandé d’une manière ou d’une autre », déclare-t-il.
Moïse Nyarugabo appelle la communauté internationale et l’Union africaine à dénoncer, sans parti pris, les crimes commis contre les populations civiles des Hauts-Plateaux.
« Il serait mieux d’être impartial, de dénoncer les crimes de ces deux gouvernements, de dénoncer l’utilisation des mercenaires, ce qui viole les principes et normes de l’UA, ou alors de s’abstenir de donner des leçons lors du retour de la manivelle », conclut-il.
Combats armés et mobilisation populaire
Sur le terrain, la tension reste vive. De violents combats ont opposé, dimanche 8 février 2026, les combattants Twirwaneho alliés à l’AFC-M23 aux milices Wazalendo, appuyées par les FARDC et l’armée burundaise, dans la localité d’Alengé et aux abords de Minembwe.
La veille, malgré de fortes pluies, des membres de la communauté Banyamulenge ont manifesté dans la localité de Minembwe pour dénoncer les gouvernements de Kinshasa et de Bujumbura. Les manifestants accusent les deux États d’avoir recours à des mercenaires et à des attaques de drones contre des civils innocents.

