Un consortium d’ONG alerte sur la dégradation de la situation sécuritaire et humanitaire dans le Sud-Kivu, notamment à Uvira et sur les Hauts Plateaux de Minembwe, où des exactions graves contre les civils seraient en cours.
Dans un communiqué du 2 février publié depuis Goma, la CRDH, l’APDH, la DPC, le Collectif Gakondo USA et Isoko Diaspora dénoncent des violences systématiques et ciblées.
Le consortium exprime sa « profonde inquiétude face à la dégradation dramatique de la situation sécuritaire et humanitaire dans la province du Sud-Kivu » et accuse les FARDC, FDLR, milices Maï-Maï Wazalendo et l’armée burundaise d’exactions contre les populations civiles.
Selon le document, « des tueries ciblées, des persécutions orientées et des actes de violences graves » viseraient particulièrement les communautés banyamulenge et barundi, accusées d’être des « étrangers » ou des « collaborateurs de l’AFC/M23 ».
Les ONG rapportent des « crimes contre l’humanité définis par l’article 7 du Statut de Rome de la Cour pénale internationale », incluant « des meurtres, des violences sexuelles (viols), des persécutions fondées sur l’ethnie, des déportations forcées, des arrestations arbitraires, des tortures et disparitions forcées », ainsi que « des attaques délibérées contre les populations civiles » et « l’usage d’armes lourdes, y compris des drones, contre des zones habitées ». Ces actes constitueraient « un risque sérieux de génocide ».

Le communiqué mentionne des affrontements récents à Mikenge, Biziba et Nagishasho, ainsi que des bombardements à Minembwe/Madega, causant des pertes civiles.
La coupure d’internet à Uvira et dans les Hauts Plateaux est dénoncée comme une mesure visant « manifestement à dissimuler des crimes internationaux », constituant « une violation grave des droits humains » et « un indice sérieux de volonté de dissimuler les crimes internationaux ».
Le consortium déplore « le silence assourdissant de la Communauté internationale », citant l’ONU, l’Union africaine, l’Union européenne et plusieurs partenaires bilatéraux, et estime que « ce silence équivaut à une forme de complicité passive ».
Parmi ses recommandations, les ONG demandent au gouvernement congolais de « cesser tout bombardement visant expressément les populations civiles » et de « rétablir urgemment la connexion internet », tout en appelant les Nations unies à « déployer de toute urgence un mécanisme international indépendant d’enquête » et à saisir la Cour pénale internationale.
Le consortium affirme sa détermination à « documenter, dénoncer et poursuivre ces crimes jusqu’à ce que justice soit rendue aux victimes ».

