L’ancien Premier ministre congolais Augustin Matata Ponyo a vivement critiqué, mercredi 28 janvier 2026, la gouvernance en République démocratique du Congo, estimant que les causes des rébellions armées vont au-delà des seuls enjeux sécuritaires et trouvent leur origine dans une « mauvaise gouvernance chronique ».
« Le problème de la RDC, ce n’est pas un problème de rébellion ; il faut se poser la question de ce qui est à la base de cette rébellion : c’est la mauvaise gouvernance chronique, une gestion fondée sur la famille, la tribu et le copinage », a déclaré Augustin Matata Ponyo.
L’ancien chef du gouvernement a également mis en cause l’impartialité de la justice dans les procédures engagées contre lui.
Il affirme avoir été jugé par des magistrats issus de la même aire ethnique que celle du chef de l’État, évoquant un « jugement tribalo-ethnique ». « Imaginez que je n’ai été jugé que par des gens qui appartiennent à une tribu du président de la République. Dans un pays de plus de 450 tribus, comment un ancien Premier ministre peut-il être jugé uniquement par des juges de la même tribu que le président ? », s’est-il interrogé.
Intervenant sur TV5 Monde Afrique, Augustin Matata Ponyo a par ailleurs rejeté toute condamnation définitive à son encontre.
« Je n’ai jamais été condamné, du point de vue du droit », a-t-il affirmé.
Ancien Premier ministre de la RDC de 2012 à 2016, Augustin Matata Ponyo a été poursuivi dans le cadre du dossier du parc agro-industriel de Bukanga-Lonzo, un projet lancé sous son gouvernement et accusé de détournements de fonds publics.
En mai 2023, la Cour constitutionnelle l’a reconnu coupable de détournement de deniers publics et l’a condamné à dix ans de travaux forcés, assortis d’une inéligibilité de cinq ans. Une décision que l’ancien Premier ministre rejette, dénonçant une procédure « politique » et contestant la compétence de la juridiction à son égard en tant que député national.
À la suite de cette condamnation, Augustin Matata Ponyo a quitté la RDC et vit depuis hors du pays.
Il affirme être en exil et continue de contester sa condamnation, soutenant qu’aucune décision définitive ne peut être retenue contre lui « au regard du droit ».

