Le Rwanda a annoncé mardi l’ouverture d’une procédure d’arbitrage contre le Royaume-Uni suite à l’annulation unilatérale du Partenariat pour la Migration et le Développement Économique (MEDP), conclu en 2024 pour réguler les flux migratoires et protéger les réfugiés vulnérables.
« Nous regrettons sincèrement que le Royaume-Uni ait décidé de mettre fin à ce partenariat », a déclaré le porte-parole du gouvernement rwandais. Selon Kigali, le MEDP constituait une approche innovante pour dissuader les migrations dangereuses tout en traitant les déséquilibres économiques à l’origine de la migration irrégulière de masse.
Le conflit remonte à juillet 2024, lorsque le Premier ministre britannique a déclaré le MEDP « mort et enterré » sans avertir le Rwanda, en violation de l’esprit de coopération qui avait guidé le partenariat.
Quelques mois plus tard, le Royaume-Uni a demandé au Rwanda de renoncer à deux paiements de 50 millions de livres sterling dus en 2025 et 2026, en prévision d’une résiliation formelle du traité.
Le Rwanda avait exprimé sa disposition à négocier de nouveaux termes financiers, mais les discussions n’ont jamais eu lieu.

Le Royaume-Uni a également refusé d’honorer son engagement à réinstaller au Royaume-Uni une partie des réfugiés rwandais les plus vulnérables, précisent les communiqués officiels.
« Nos tentatives pour faire évoluer la position britannique sont restées infructueuses », a souligné le gouvernement de Kigali. La résiliation prendra effet le 16 mars 2026.
Dans le cadre de la procédure d’arbitrage, le Rwanda formule trois revendications : violation des arrangements financiers du traité, infraction à l’article 18 sur ces dispositions et manquement à l’article 19 relatif à la réinstallation des réfugiés vulnérables.
« Il a été nécessaire de porter ces revendications devant l’arbitrage, mais face à l’intransigeance du Royaume-Uni, nous n’avions pas d’autre choix », a ajouté le porte-parole.
Le Rwanda réaffirme son engagement à apporter sécurité, dignité et opportunités aux réfugiés et migrants, tout en appelant à des solutions durables pour la crise migratoire mondiale.

