L’ONG Urgence DRC, en collaboration avec vingt organisations de défense des droits humains et dix familles de victimes, a annoncé la saisine imminente des autorités judiciaires canadiennes contre Lisette Kabanga et Jean-Claude Bukasa, ressortissants canadiens, pour leur implication présumée dans de graves violations des droits humains en République démocratique du Congo (RDC).
Le communiqué officiel précise que les deux individus proches de Félix Tshisekedi sont identifiés comme responsables du Conseil national de cyberdéfense (CNC), un service créé en 2023, officiellement pour contrer les cyberattaques, mais accusé de se transformer en instrument de répression politique.
Selon Urgence DRC, Lisette Kabanga et Jean-Claude Bukasa seraient directement ou indirectement impliqués, y compris par des moyens numériques, dans des arrestations arbitraires, des actes de torture, des enlèvements, des détentions illégales, des exils forcés et des persécutions ciblées contre des opposants, journalistes et défenseurs des droits humains.
L’initiative s’inscrit dans le cadre du droit canadien et des conventions internationales ratifiées par le Canada, qui imposent l’obligation d’enquêter, de poursuivre ou d’extrader les auteurs présumés de crimes graves, indépendamment du lieu où ces crimes ont été commis.
« Ni la nationalité, ni la technologie, ni la distance géographique ne peuvent justifier l’impunité », rappelle le communiqué.
L’action vise avant tout à protéger les victimes, établir la vérité et garantir le respect de la dignité humaine. Depuis sa création, le CNC est devenu un symbole de controverse en RDC.

Selon l’ONG congolaise Justicia Asbl, ce service aurait procédé à l’arrestation de plus de 10 000 personnes, détenues dans des conditions inhumaines et privées de toute assistance.
L’organisation dénonce un usage systématique de la force contre les opposants politiques, les journalistes et les défenseurs des droits humains.
Parmi les plaignants figurent dix familles dont l’identité reste protégée pour des raisons de sécurité, ainsi que plusieurs ONG et défenseurs internationaux.
La démarche juridique sera adressée au ministre canadien de la Justice, aux autorités judiciaires fédérales, à la Couronne Fédérale et à la Gendarmerie Royale du Canada (GRC).
Cette action marque un tournant dans la lutte contre l’impunité des crimes graves commis à l’étranger impliquant des ressortissants canadiens.
Elle s’inscrit dans un contexte où la communauté internationale appelle de manière croissante à la responsabilité juridique des individus et des institutions pour protéger les droits fondamentaux, même au-delà des frontières nationales.
Pour Urgence DRC, l’objectif est clair : que la justice canadienne examine de manière impartiale ces allégations et ouvre la voie à la reconnaissance et à la réparation pour les milliers de victimes congolaises affectées par le CNC.

