La Haute Cour militaire de la République démocratique du Congo a ouvert mardi l’instruction au fond dans l’affaire de trahison impliquant le lieutenant-général Philémon Yav Irung, après avoir rejeté les exceptions soulevées par sa défense.
Trois ans après son placement en détention, l’officier supérieur, accusé de collusion avec des acteurs étrangers hostiles, voit désormais ses débats entrer dans une étape cruciale.
L’accusation repose sur un message téléphonique attribué à l’ex-général rwandais James Kabarebe, transmis par un intermédiaire et supposé évoquer un plan de déstabilisation impliquant le général-major Peter Cirimwami Nkuba.
Le ministère public considère ce message comme la pièce maîtresse du dossier, susceptible de démontrer l’alliance du prévenu avec des forces étrangères.
La défense, cependant, conteste catégoriquement l’existence de cette preuve et exige sa production.
« Il est inacceptable qu’un officier supérieur risque la peine capitale sur des suppositions », a déclaré Me Carlos Ngwapitshi, soulignant l’absence totale de preuve matérielle et dénonçant ce qu’il appelle un « raccordement frauduleux ». Le général Yav, de son côté, nie avoir reçu un quelconque message de James Kabarebe.

L’auditeur général a reconnu n’avoir jamais vu le message en question et a expliqué que les téléphones saisis, bien que confiés à des experts, n’ont permis aucune récupération des données en raison de leur sophistication technique.
La défense plaide pour que le doute profite à l’accusé et demande la libération provisoire du général pour raisons humanitaires, invoquant son état de santé.
La prochaine audience est programmée pour le mardi 27 janvier 2026, alors que le dossier reste au centre de toutes les attentions dans un contexte de haute tension autour de l’armée et de la justice militaire en RDC.
Avant son arrestation, le général Philémon Yav occupait le poste de commandant de la 3ème zone de défense des FARDC, une zone stratégique couvrant l’est de la République démocratique du Congo (incluant le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, le Maniema, l’Ituri et la Tshopo).
Il a été nommé à ce poste en juillet 2020 pour diriger les opérations militaires dans cette région instable.

