Les forces vives de la commune de Lubero, dans la province du Nord-Kivu, ont adressé ce mardi 6 janvier 2026 un mémorandum au gouverneur militaire de la province, basé à Beni, pour dénoncer la dégradation alarmante de la situation sécuritaire dans leur entité et exiger des mesures immédiates.
Réunis en urgence, les représentants de la société civile affirment avoir enregistré une série de meurtres et de graves violations des droits humains ces derniers mois, citant notamment :
« Mumbere Kamate Jonathan, retrouvé mort par balle le 5 janvier 2026 dans le quartier 30 Juin à Vulungula, près d’un camp FARDC ; Mumbere Maliro, retrouvé grièvement torturé le 2 janvier 2026 au quartier Mulo, cellule Wakena, et décédé sur le chemin de l’hôpital ; Muhindo Silukingirwa Kanyatsi Déodat, retrouvé mort le 10 novembre 2025 en cellule Kitawite B ; Muhindo Vyakera Georges, blessé par balle le 11 novembre 2025 entre Lubero et Kaviru par un militaire FARDC et décédé deux jours plus tard ; Mumbere Kisumba Faustin, tué le 2 octobre 2025 à Kalikuku, sur la RN4 », peut-on lire dans ce mémorandum.
Selon les forces vives, à ces crimes s’ajoutent de multiples cas de tracasseries, extorsions, violences sexuelles, tortures, vols de bétail, abattages illicites d’arbres et installation de barrières illégales, dont les auteurs seraient principalement des porteurs d’armes, notamment certains éléments des FARDC et des groupes wazalendo.

Les signataires du mémorandum se disent profondément choqués par le silence des autorités locales, notamment l’administrateur militaire du territoire et le bourgmestre de la commune, accusés de n’avoir publié aucun communiqué officiel malgré la gravité des faits. Ils parlent d’un « abandon délibéré des responsabilités ».
Face à cette situation, la société civile de Lubero formule plusieurs exigences, dont :
« La prise en charge des frais funéraires des victimes et l’encadrement de leurs familles ; l’interpellation des autorités locales pour manquement à leurs devoirs ; l’implantation, dans les 72 heures, d’un parquet militaire à Lubero et l’organisation d’audiences foraines ; la démilitarisation de la commune, le cantonnement des militaires et le délogement du camp Maï-Maï de Muvale dans le quartier Vukano ; la permutation régulière des unités militaires déployées depuis longtemps dans la zone ».
Les forces vives annoncent également un boycott total des activités socioéconomiques et scolaires jusqu’à satisfaction de leurs revendications.
Elles précisent que l’inhumation de Jonathan Kamate, actuellement à la morgue, sera conditionnée aux réponses des autorités.
Le mémorandum, largement diffusé, a été transmis aux principales autorités civiles, militaires ainsi qu’aux organisations de la société civile du territoire de Lubero.

