Des ressortissants de Walikale, établis à Goma, tirent la sonnette d’alarme face à l’insécurité galopante dans leur territoire. Entre meurtres, enlèvements, pillages et violences sexuelles, ils souhaitent que l’AFC/M23 étende son influence vers les localités les plus touchées par le chaos sécuritaire.
Les originaires du territoire de Walikale, résidant à Goma, ont publié une déclaration le week-end dernier exprimant leur inquiétude face à la détérioration continue de la situation sécuritaire dans cette partie du Nord-Kivu.
Selon la déclaration, les populations civiles sont confrontées à de nombreuses violations de leurs droits fondamentaux, notamment des meurtres, enlèvements, violences sexuelles, arrestations arbitraires, pillages et actes d’extorsion. Ces actes seraient commis par plusieurs acteurs armés, dont les FDLR, des groupes Wazalendo, ainsi que certains éléments des FARDC et des services de sécurité opérant dans la zone.
Les ressortissants signalent la multiplication de barrières illégales sur différents axes routiers, où des taxes non réglementaires seraient imposées aux usagers. Ils citent notamment les groupements Ihana et Kisimba, où une redevance mensuelle dénommée « Iranga-Mundu » serait perçue de force par des groupes armés.

La déclaration évoque également des détentions dans des lieux non officiels, attribuées à certains agents de l’État, avec des libérations conditionnées au paiement de rançons.
Selon ces ressortissants, l’insécurité a provoqué le déplacement de nombreuses familles, la fermeture de plusieurs écoles et centres de santé, ainsi que l’abandon de certaines localités par leurs habitants.
Des restrictions de circulation sont signalées sur les axes Mpety–Pinga et Civanga–Bulambika–Hombo, compliquant l’approvisionnement en produits de première nécessité.
Sur le tronçon Kibati–Walikale-Centre, des mouvements de protestation des conducteurs de taxis-motos ont été observés.
La déclaration rappelle les incidents survenus le 15 décembre 2025 dans le village de Tuonane (groupement Waloa Loanda, secteur de Wanianga), où des maisons ont été incendiées et des civils tués lors d’une attaque attribuée aux FDLR. En novembre, des violences ayant causé des pertes en vies humaines ont également été rapportées dans le groupement Bakondjo, secteur de Bakano.
Face à ces exactions, les signataires affirment que la population vivant dans les zones contrôlées par l’AFC/M23 semble mieux protégée que celle des entités gouvernementales, et expriment le souhait que le mouvement AFC/M23 étende son influence vers les zones en proie à l’insécurité croissante.
Vanessa Habanza

