Le mouvement d’autodéfense MRDP-Twirwaneho, allié à l’AFC/M23, a alerté lundi 15 décembre 2025 sur de nouvelles attaques terrestres et aériennes visant des zones habitées des Hauts-Plateaux du Sud-Kivu, notamment à Minembwe et Mikenge. Le groupe accuse les Forces armées de la RDC (FARDC), les milices Wazalendo et des troupes burundaises de mener des bombardements indiscriminés contre des civils.
Dans un communiqué publié à Minembwe, Twirwaneho affirme que des frappes de drones et des bombardements aériens, appuyés par des avions de chasse Sukhoi, ont été menés entre le 13 et le 15 décembre dans plusieurs villages densément peuplés, notamment Rwitsankuku, Point-Zéro, Rugezi et Kabanju. Le mouvement dénonce une violation du droit international humanitaire et évoque des morts parmi les civils, ainsi que la destruction d’habitations, d’écoles et de centres de santé.
« Il s’agit d’attaques délibérées contre des populations protégées, qui ne peuvent être justifiées par aucun impératif militaire », affirme le communiqué signé par le colonel Kamasa Ndakize Welcome, coordinateur du MRDP-Twirwaneho.
Le groupe armé exige la cessation immédiate des bombardements, l’arrêt des frappes aériennes et le retrait total des troupes burundaises des Hauts-Plateaux des territoires de Fizi, Itombwe et Uvira. Il appelle également les Nations unies, l’Union africaine et les facilitateurs des processus de paix de Doha et de Washington à prendre en compte, de manière urgente, la situation sécuritaire de la communauté Banyamulenge.
Twirwaneho reconnaît toutefois que la récente prise d’Uvira par l’AFC/M23 a entraîné, selon lui, l’évacuation de plusieurs positions burundaises et un allègement partiel du blocus humanitaire qui pesait sur Minembwe et Mikenge. Le mouvement estime néanmoins que les Hauts-Plateaux restent exclus des mécanismes de paix en cours.
Sur le terrain, les combats se poursuivent dans le Sud-Kivu, notamment sur l’axe Makobola–Mboko, où l’AFC/M23 affronte les Wazalendo après la chute d’Uvira. Parallèlement, plus de 500 personnes ont traversé la frontière de Kamvivira vers le Burundi le 14 décembre, principalement des ressortissants burundais fuyant les violences.
Dans ce contexte de tensions régionales accrues, le Burundi accuse le Rwanda de soutenir l’AFC/M23, tandis que le mouvement rebelle affirme que des bombardements contre les Hauts-Plateaux seraient menés avec l’implication de forces burundaises.

