Au lendemain de la prise d’Uvira par l’AFC-M23, les tensions continuent de monter dans les Hauts-Plateaux du Sud-Kivu. Dans un message publié jeudi sur la plateforme X, le porte-parole du mouvement, Lawrence Kanyuka, accuse des éléments de l’armée burundaise d’avoir relancé des attaques contre des civils dans la région de Minembwe, ciblant notamment des communautés tutsies banyamulenge.
Selon Kanyuka, une partie des troupes burundaises déployées récemment dans la plaine de la Ruzizi se seraient retirées vers leur territoire après la chute d’Uvira, tandis que d’autres auraient choisi de se retrancher dans les Hauts-Plateaux. Il affirme que ces dernières auraient repris « avec brutalité » leurs opérations, utilisant bombes et artillerie lourde, provoquant la mort de civils, dont des femmes et des enfants. Le mouvement parle d’une « crise humanitaire d’une gravité sans précédent ».
Cette nouvelle escalade intervient alors que le Burundi a fermé la frontière de Gatumba–Kavimvira, un axe vital entre Bujumbura et Uvira, immédiatement après la prise de la ville par l’AFC-M23. Des milliers de civils se sont dirigés vers le Burundi, accentuant une crise humanitaire déjà critique. La frontière burundaise avec le Rwanda, quant à elle, reste fermée depuis janvier dernier.
Dans un entretien accordé à RFI, le ministre burundais des Affaires étrangères, Albert Shingiro Bizimana, a rejeté toute responsabilité de Bujumbura dans la dégradation de la situation. Il affirme que la véritable source de l’instabilité demeure le soutien présumé du Rwanda au M23. Le ministre a souligné que la chute d’Uvira expose directement Bujumbura et que le Burundi « n’exclut aucune option » pour garantir la sécurité nationale. Il a également appelé l’ancien président américain Donald J. Trump à user de son influence pour faire pression sur Paul Kagame afin que Kigali respecte ses engagements régionaux.

