Des combats d’une rare intensité opposent depuis vendredi les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) aux rebelles de la Convention pour la Révolution Populaire (CRP) dans la zone de Bule et de Kaa, à une quinzaine de kilomètres de Djugu-centre, en Ituri. Ces affrontements, qui se sont poursuivis jusqu’à ce samedi 6 décembre 2025, ont paralysé toutes les activités socio-économiques du centre commercial de Bule, selon plusieurs sources locales.
Au plus fort des combats, deux militaires congolais grièvement blessés ont été évacués ce samedi de Bayoo à Bunia par un hélicoptère médicalisé de la MONUSCO. L’appareil, contraint de modifier son itinéraire pour des raisons sécuritaires, n’a pu atteindre l’aéroport de Bunia qu’en début d’après-midi, avec plus de quatre heures de retard.
Dès l’alerte vendredi, les Casques bleus bangladais basés à Bayoo se sont déployés dans la zone afin de protéger les civils pris entre les deux forces en belligérance. Ils ont intensifié leurs patrouilles autour des villages voisins et des sites de déplacés de Sapalli et de Tsukpa, recourant à des tirs de sommation pour empêcher des tentatives d’incursion rebelle contre les populations civiles.

Alors que les combats se poursuivaient encore ce samedi du côté d’Akri, près de Bule, l’armée affirme avoir neutralisé huit miliciens, blessé plusieurs d’autres et récupéré des armes et munitions. Les FARDC assurent désormais contrôler la zone et appellent la population à renforcer sa collaboration pour mettre fin à la menace persistante de la CRP, dirigée par l’ex-chef de guerre Thomas Lubanga.
Au début de la semaine, l’armée avait déjà mis en garde contre d’éventuelles infiltrations rebelles dans cette partie du territoire de Djugu, où vivent plusieurs milliers de personnes déplacées. Une alerte qui se matérialise aujourd’hui avec la montée des tensions et la reprise des combats.
Rachidi Kudra, depuis Bunia

