Roger Lumbala Tshitenga a adressé un appel à Jean-Pierre Bemba, président du MLC, afin qu’il dépose un témoignage par visioconférence pour le disculper des accusations portées contre lui dans le cadre de l’opération militaire conjointe “Effacer le tableau”, menée par leurs mouvements alliés dans l’Est de la RDC entre juillet 2002 et 2003.
Dans sa lettre signée le 16 novembre à Paris, Lumbala affirme qu’il n’était pas impliqué dans la chaîne de commandement de l’ALC et qu’il n’avait ni autorité sur les commandants de bataillon ni contrôle sur les armes et munitions. « Monsieur le Président, vos anciens cadres et vous-même saviez que le RCD-N n’avait ni militaires, ni armes, ni munitions. Et que je n’étais pas dans la chaîne de commandement de l’ALC », écrit-il.
L’ancien cadre politique congolais dénonce également la manipulation de témoignages étrangers à son encontre : « Lors de l’instruction du dossier, des ONG étrangères en collaboration avec des ONG locales ont recruté, sondé et financé le voyage de certains compatriotes congolais pour porter des accusations contre moi », affirme-t-il.
Il dénonce en outre l’inaction de certains responsables : « À ma plus grande surprise, vous avez complètement ignoré ma famille. Vous êtes resté de marbre », note-t-il, tout en rappelant que sa détention et les poursuites en France mettent en péril sa santé déjà fragile.

Lumbala insiste sur le rôle central de Bemba et de la communauté internationale pour clarifier les faits : « C’est pourquoi je fais appel publiquement à votre humanité. Je vous invite à vous manifester auprès de l’ambassade de France ou à la MONUSCO pour fournir votre témoignage par visioconférence », écrit-il, appelant également tous les anciens cadres du MCC pouvant attester de sa non-implication à se mobiliser.
Il précise que les décisions militaires et les accords de cessez-le-feu étaient pris en concertation avec d’autres cadres, et que sa signature avait été obtenue après coup, sans sa participation active aux réunions : « Ce sont les ambassadeurs (USA, Belgique, France) qui ont organisé la réunion entre le président du RCD-KMC Antipas Mousa Nyamuisi et vous pour arrêter les hostilités. Ce n’est qu’à la fin de votre réunion que vous m’avez apporté l’accord déjà signé, et j’ai apposé ma signature sans avoir participé à cette réunion », conclut-il.
Le procès de Roger Lumbala se poursuit à Paris. L’ancien chef de guerre congolais refuse de comparaître. Poursuivi pour complicité de crimes contre l’humanité, Roger Lumbala ne s’est pas présenté dans le box des accusés. L’officier de police judiciaire a détaillé l’enquête et les méthodes d’investigation lors des audiences de mercredi et jeudi.
Les investigations montrent que les troupes du RCD-N ont commis des violences systématiques et que Roger Lumbala, à la tête du mouvement, « ne pouvait ignorer ces exactions ». Après son interpellation fin décembre 2020, le juge d’instruction ouvre une information judiciaire. Faute de pouvoir se rendre en RDC, les enquêteurs s’appuient sur des saisies à son domicile et des auditions de témoins.

