La prison militaire de Ndolo, à Kinshasa, révèle une réalité troublante : 21 généraux des Forces armées de la RDC (FARDC) y sont actuellement détenus, mais seuls deux d’entre eux ont été condamnés. Le reste reste en détention préventive ou en attente de jugement, selon le rapport publié le 19 novembre 2025 par la Fondation Bill Clinton pour la Paix (FBCP).
Au total, 2 339 personnes sont incarcérées à Ndolo, parmi lesquelles 1 524 prévenus et 190 inculpés. La prison accueille également 44 femmes, dont deux enfants, et 45 civils. Deux généraux y sont morts, leurs corps n’ayant jamais été restitués aux familles. La situation de surpopulation et les conditions de détention difficiles alimentent les inquiétudes sur le respect des droits humains et la justice militaire en RDC.
![Prison Centrale de Makala [Photo d'illustration]](https://kivumorningpost.com/wp-content/uploads/2024/03/prison_centrale_de_makala_230_jpg_711_473_1-jpeg.webp)
Le rapport souligne que la prison centrale de Makala fait face à une crise similaire : plus de 100 décès ont été enregistrés dans la morgue de l’ex-hôpital Santorum de Selembao depuis mars 2025. Les organisations de défense des droits humains dénoncent l’opacité entourant les arrestations des officiers et le non-respect des procédures judiciaires, avec des risques de torture et de détention prolongée sans jugement.
Face à ces critiques, l’armée a confirmé les arrestations mais précise qu’elles résultent de manquements graves à la loi et à la discipline militaire. Le porte-parole des FARDC, le général-major Sylvain Ekenge, insiste sur la nécessité de laisser la justice militaire suivre son cours afin de préserver l’honneur et la cohésion des forces armées.

