La Route Nationale 27, reliant Bunia à Mahagi, cristallise à nouveau les tensions en Ituri. Malgré un contrat de maintenance évalué à 1,8 million de dollars accordé à l’entreprise ORC, les usagers constatent une dégradation continue de cet axe stratégique. Pour de nombreux habitants, les rares interventions observées ne surviennent qu’après des pressions récurrentes de la société civile et des notables locaux, laissant planer un doute sur l’exécution réelle du contrat.
Pour les populations riveraines, la situation est devenue insoutenable. La dégradation de la route ralentit l’économie locale, complique l’accès aux soins, renchérit les coûts de transport et accentue l’isolement des villages. Beaucoup s’interrogent sur l’utilité d’un contrat d’entretien si la route demeure dans un état jugé préoccupant.
Face à ces critiques, l’entreprise ORC apporte sa propre lecture. Elle assure que son engagement n’a jamais faibli mais que plusieurs défis indépendants de sa volonté freinent la mise en œuvre régulière des travaux. ORC évoque notamment des retards dans les décaissements qui perturbent la planification des opérations, des incidents sécuritaires qui empêchent parfois le déploiement des équipes, ainsi que des conditions climatiques agressives qui réduisent la durabilité des travaux réalisés. L’entreprise souligne également que certaines interférences administratives compliqueraient la continuité de ses interventions. Selon elle, la situation actuelle ne peut être comprise qu’en tenant compte de ces contraintes cumulées.

Malgré ces explications, le malaise demeure. Beaucoup de voix dénoncent ce qu’elles qualifient de politisation persistante autour des marchés publics, un climat qui brouille les responsabilités et alimente la méfiance de la population envers les institutions. Ce manque de clarté dans la gestion des contrats publics accentue le sentiment d’injustice chez les usagers, qui peinent à percevoir les retombées concrètes des fonds mobilisés pour l’entretien de la RN27.
Dans ce contexte de doutes et de tensions, une certitude s’impose : la population continue de payer le prix de cette situation confuse. La RN27, censée être un levier de désenclavement et de développement, se transforme en symbole des blocages administratifs, techniques et politiques qui freinent l’Ituri.
Pour Obed Byaruhanga, acteur socio-politique et notable de la province, l’heure est à la responsabilité collective. « Cette route, c’est notre avenir. Il est temps que chacun fasse sa part, pour la population avant tout », insiste-t-il.
L’avenir de la RN27 dépend désormais de la capacité des autorités, de l’entreprise ORC et des partenaires locaux à dépasser les divergences et à agir de manière coordonnée, afin que cette infrastructure essentielle retrouve enfin son rôle de moteur de développement pour l’Ituri.
