Le lieutenant-colonel Emmanuel Libandi, coordonnateur provincial de la Réserve Armée de la Défense (RAD) en Ituri, a affirmé que plus de 50 000 éléments de la milice Codeco sont mobilisés pour rejoindre la RAD, dans le but de défendre la région contre les menaces étrangères.
Cette déclaration a suscité des réactions de plusieurs acteurs politiques et leaders de la société civile. Ce mardi, dans une interview accordée à Kivumorningpost, Deogratias Bungamuzi, président du conseil provincial de la jeunesse en Ituri, conteste l’intégration de la milice Codeco à la RAD. Selon lui, cette démarche constitue une grave atteinte à la mémoire des victimes de massacres, viols, déplacements forcés et destructions systématiques perpétrés par la milice ces dernières années.
« Nous tirons la sonnette d’alarme face à une dérive inquiétante tendant à présenter les miliciens de la Codeco comme des patriotes prêts à défendre la patrie au sein de la RAD. Intégrer ces criminels dans une structure militaire aussi importante reviendrait à blanchir des auteurs de crimes contre l’humanité et de génocide. Cela fragilisera davantage la cohésion sociale », a déclaré Bungamuzi.

Il rappelle que le véritable chemin de paix ne passe pas par l’amnistie de fait ni par la militarisation des bourreaux, mais par un processus clair de désengagement, démobilisation, justice transitionnelle et réinsertion communautaire. Bungamuzi appelle les autorités à redéfinir d’urgence le mandat de la RAD.
« Nous appelons les autorités civiles et militaires à redéfinir d’urgence le mandat de la RAD en Ituri, à soumettre les auteurs des crimes aux juridictions compétentes et à protéger l’intégrité morale et institutionnelle de notre armée », a-t-il conclu.

