Une nouvelle tension diplomatique oppose Kigali à Kinshasa autour de la question de la présence des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) sur le sol congolais.
Le porte-parole des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), le général-major Sylvain Ekenge, a indiqué que des éléments des FDLR sont installés dans le territoire de Rutshuru (Nord-Kivu).
De son côté, le ministre rwandais des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe, affirme que le général Patrick Sasa Nzita, chef de la délégation congolaise aux réunions du Mécanisme conjoint de coordination sécuritaire (JSCM) à Washington, prétend que les FDLR n’existent pas en RDC.
Lors d’une interview exclusive accordée à la journaliste Bashi Wendi de la Deutsche Welle (DW), consultée par Kivumorning Post, le général Ekenge a confirmé la présence des FDLR sur le sol congolais.
« Les FDLR ont répondu à l’appel des Forces armées de la République démocratique du Congo. Ce sont les autres qui les empêchent de se rendre. Aujourd’hui, il faudrait aussi se poser la question de savoir où sont les FDLR ? Ils sont dans la partie occupée aujourd’hui par le Rwanda et l’AFC/M23, plus particulièrement dans le territoire de Rutshuru. Ils veulent se rendre, mais on les en empêche », a déclaré le général Sylvain Ekenge.
La réaction du Rwanda n’a pas tardé. Le ministre rwandais des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe, a réagi sur son compte X (ancien Twitter), dénonçant ce qu’il qualifie de contradiction entre les autorités militaires congolaises concernant la présence des FDLR à l’est du pays.

« Lors des réunions du Mécanisme conjoint de coordination sécuritaire (JSCM) qui se tiennent à Washington D.C., le chef de la délégation congolaise, le général Patrick Sasa Nzita, prétend toujours que les génocidaires FDLR n’existent pas, qu’il s’agit d’un prétexte avancé par le Rwanda pour envahir le Congo, et que s’il ne tenait qu’à lui, il n’aurait jamais approuvé le CONOPS ni signé l’Accord de paix de Washington.
Et voici qu’un autre général, Sylvain Ekenge, porte-parole des FARDC, nous dit maintenant que les FDLR existent bel et bien, mais qu’ils se trouvent “dans la partie occupée aujourd’hui par le Rwanda et l’AFC/M23” », a-t-il écrit.
Le diplomate rwandais a ensuite fustigé ce qu’il appelle la “comédie grotesque” des autorités congolaises :
« Le gouvernement congolais va-t-il un jour cesser ces déclarations contradictoires et ces manœuvres dilatoires ? Va-t-il enfin s’engager à neutraliser ses alliés FDLR, qu’il a même intégrés dans son armée, comme l’exige l’Accord de paix de Washington ? », a ajouté Olivier Nduhungirehe.
Parmi les points clés de l’Accord de Washington, signé entre Kinshasa et Kigali le 27 juin 2025, figurent la neutralisation des FDLR, le retrait des troupes rwandaises du sol congolais et la mise en place d’un mécanisme conjoint de coordination sécuritaire.
L’accord promeut également le respect de l’intégrité territoriale, la fin des hostilités et une coopération économique renforcée entre les deux pays.

