Des tensions ont éclaté entre les écogardes de l’Institut Congolais pour la Conservation de la Nature (ICCN) et les populations riveraines, mercredi 24 septembre, sur la route Beni-Kasindi, au Nord-Kivu, en raison de la destruction des cultures.
Le passage était bloqué par les agriculteurs, qui dénoncent la destruction de leurs champs, notamment les bananiers, haricots et maniocs, dans la forêt de Mayangose, à l’est de Beni.
« Nous avons barricadé les routes car l’ICCN a détruit nos cultures, les bananiers et autres. Puis ils ont emporté d’autres régimes de bananes. Nous voulons qu’ils nous laissent la liberté. S’il s’agit des limites, qu’on le fasse vite pour qu’on sache le résultat, » a déclaré Kakule Samuel, au micro de Marc Marron Fimbo.

Le vice-gouverneur policier du Nord-Kivu, le général Louis Second Karawa, a également condamné l’agissement des écogardes. D’après lui, les démarches administratives et techniques pour résoudre ce conflit foncier auraient dû être respectées.
Cette autorité provinciale a annoncé la convocation d’une rencontre d’urgence ce jeudi pour examiner les motivations de l’ICCN.
Le Mwami des Bapakombe, Atchou Taibo, qualifie cette attitude de « destruction méchante ». Il rappelle qu’une commission avait déjà été instituée par le gouverneur militaire pour trancher le différent sur les limites entre le parc des Virunga et les terres de la chefferie.
En réaction, Erick Kitakya, conservateur du parc des Virunga secteur nord, indique que les actes des écogardes sont justifiés. Il affirme qu’il s’agissait d’une mesure légale pour protéger l’écosystème de ce site classé patrimoine mondial de l’UNESCO.

« Il n’y a jamais eu destruction méchante dans le parc. La loi considère toutes les plantes introduites comme exotiques. La meilleure façon de rétablir les écosystèmes dans leur état naturel, c’est de les éliminer. Les cultures détruites se trouvaient bel et bien à l’intérieur du parc, » a-t-il déclaré.
Le conflit concernant les limites du parc des Virunga est complexe et résulte de conflits fonciers entre les populations riveraines et l’ICCN, ainsi que de l’instabilité due aux groupes armés.
Les populations estiment que les lois sur les limites du parc sont obsolètes, tandis que l’ICCN et les autorités appellent au respect de ces limites légales. La situation est aggravée par des activités illégales telles que le braconnage et la production de charbon de bois, favorisées par l’occupation des zones du parc par des groupes armés.
Les tensions sont récurrentes entre les communautés riveraines et l’ICCN autour des limites du parc des Virunga. Cette aire protégée est parmi les plus riches d’Afrique mais aussi l’une des plus contestées sur le plan foncier.

