L’ancien président congolais Joseph Kabila a dénoncé, dans une tribune publiée par Jeune Afrique, les poursuites judiciaires engagées contre lui devant la Haute cour militaire. Il affirme qu’il s’agit d’un « procès mensonger et politiquement motivé ».
« Ce procès ne procède pas d’un quelconque souci de justice. Il s’agit d’une stratégie pour faire taire l’opposition dans son ensemble et d’une tentative pour écarter un leader politique majeur de la scène nationale », a-t-il écrit, accusant le régime de Félix Tshisekedi de vouloir « gouverner sans contestation et indéfiniment ».
Kabila a notamment dénoncé la levée de ses immunités par le Sénat, qu’il juge « illégale et en violation de la Constitution ».
Selon lui, cette décision a permis d’ouvrir un « faux procès » pour des accusations de « trahison, crimes de guerre, meurtre, viol, torture et complicité avec l’AFC/M23 ».

« Au cours des quatre dernières années, près de soixante hauts gradés de l’armée et de la police nationale ont été arrêtés et détenus sans jugement. Certains sont morts en prison des suites de tortures », a-t-il encore affirmé, dénonçant une « crise plus profonde de leadership, de justice et de direction nationale ».
La Haute cour militaire poursuit l’ancien chef de l’État pour son soutien présumé au mouvement politico-militaire de l’AFC/M23. Le ministère public a requis une peine capitale. Les avocats mandatés par le gouvernement demandent près de 25 milliards de dollars de réparations, tandis que les provinces du Sud-Kivu, Ituri et Nord-Kivu réclament 21 milliards supplémentaires et la saisie des avoirs bancaires de l’ancien président. Le prononcé du jugement est attendu dans les prochaines semaines.

