Une opération de perquisition a été menée dans la nuit de lundi à mardi au domicile privé de l’ancien président Joseph Kabila, situé dans le quartier GLM à Gombe, à Kinshasa. Cette intervention, orchestrée par la Police militaire et la Garde républicaine, s’est déroulée entre 1 heure et 4 heures du matin, selon des sources proches de l’ancien chef d’État consultées par Kivumorningpost.
Le Major Bosco Mwepu, responsable de la sécurité du site, aurait été arrêté durant l’opération. Les forces de sécurité ont également confisqué un véhicule de type Jeep et ont ordonné aux militaires présents de quitter les lieux dans un délai de 48 heures.
Cette perquisition survient dans un contexte politique tendu en République Démocratique du Congo, aggravé par le procès actuellement en cours à la haute cour militaire contre Joseph Kabila.
Le sénateur à vie fait face à des accusations graves, dont trahison, crimes de guerre, participation à un mouvement insurrectionnel, et occupation de Goma avec la rébellion de l’AFC-M23.
Pour la première fois depuis l’indépendance, un ancien chef de l’État congolais est jugé. Les partisans de Kabila dénoncent ce qu’ils qualifient de « procès politique », alors que les autorités affirment qu’il s’agit d’une procédure « historique ».
Depuis le 25 mai, Joseph Kabila réside à Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu, où il a entamé une série de consultations citoyennes pour recueillir les préoccupations des Congolais face aux défis sécuritaires et socio-économiques actuels.

Kinshasa a alors accusé Kabila de se comporter en chef de l’AFC-M23, une accusation qu’il rejette, affirmant qu’il cherche à promouvoir le dialogue pour réunifier le pays.
Vers un dialogue inclusif ?
Kabila prévoit une rencontre d’opposants dans un pays africain, avec Nairobi et Addis-Abeba comme options. Cette démarche s’inscrit dans la continuité de ses consultations à Goma, où il a rencontré la coordination politique de l’AFC-M23.
En parallèle, le procès se poursuit en l’absence de Kabila, qui n’est ni présent ni représenté par un avocat.
Le Conseil national de suivi de l’accord (CNSA) a exprimé des réserves sur l’ouverture de ce procès, le jugeant inopportun à un moment où le pays aspire à un dialogue inclusif.
La tension entre le camp Kabila et celui de l’actuel président Félix Tshisekedi atteint des sommets, exacerbant la crise politique dans le pays.
Kabila, désormais opposant, vit en exil depuis plus d’un an avant son retour à Goma en mai 2025, sous le contrôle de l’AFC-M23.
Alors que l’opposition politique congolaise se tourne vers un dialogue inclusif, les développements récents laissent présager une intensification des tensions politiques avec le pouvoir en place.

