Un échange de prisonniers de guerre aurait eu lieu le 25 juillet entre le mouvement politico-militaire de l’AFC/M23 et les forces burundaises, à la frontière de Nemba, selon une information rapportée par la BBC.
D’après le média britannique, vingt soldats burundais, capturés par le M23 depuis 2023, auraient été remis aux autorités burundaises. En contrepartie, le Burundi aurait libéré vingt combattants du M23/AFC détenus sur son territoire.
L’échange aurait été organisé de manière confidentielle, sans déclaration officielle. Le M23/AFC a refusé de commenter l’information, tandis que le gouvernement burundais n’a pas encore réagi publiquement.
Aucune source officielle n’a pour l’heure confirmé les circonstances précises de l’opération.
Cet échange est survenu dans un contexte de tensions entre l’armée burundaise et l’AFC-M23. En effet, l’AFC-M23 a accusé l’armée burundaise, dans une communication du 30 juillet, de se déployer à Luvungi, dans le territoire d’Uvira, aux côtés des FARDC et des miliciens Wazalendo, pour lancer des attaques contre ses positions dans la région.

Peu avant, l’AFC-M23 avait accusé Bujumbura de déployer des militaires et des drones pour attaquer des zones peuplées dans les Hauts-Plateaux de Fizi. À son tour, le MRDP-Twirwaneho, un mouvement d’autodéfense des Banyamulenge, allié à l’AFC-M23, a accusé l’armée burundaise de former des combattants des FDLR en vue de lancer des attaques sur des civils Banyamulenge à Minembwe.
L’armée burundaise a rejeté ces accusations, les qualifiant de mensongères et injustes, et a été mentionnée dans le communiqué du MRDP-Twirwaneho publié le 25 juillet 2025, impliquant le Burundi dans des actes ignobles. Twirwaneho accuse également l’armée burundaise de participer à un plan de nettoyage ethnique contre les Banyamulenge.
Les tensions entre l’AFC-M23 et l’armée burundaise sont exacerbées par le partenariat militaire de la FDNB et des FARDC dans le territoire d’Uvira et Fizi, notamment où la percée de l’AFC-M23 vers la ville d’Uvira a été ralentie. L’AFC-M23 contrôle la cité de Kamanyola et promet d’éliminer la menace à la source en cas d’attaques des FARDC-FDNB sur des zones habitées. Cette escalade et cet échange de prisonniers de guerre interviennent dans un contexte sécuritaire tendu dans la région du Sud-Kivu, en dépit de l’accord de principes signé à Doha qui convenait d’un cessez-le-feu permanent.

