Dans un communiqué publié le 30 juillet, le Mouvement de Résistance pour la Démocratie et la Paix (MRDP-Twirwaneho) a exprimé sa profonde consternation suite aux déclarations de l’état-major des Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) et de la Force de Défense Nationale du Burundi (FDNB), rendues publiques les 26 et 27 juillet 2025. Ces communiqués font suite à une alerte lancée par le groupe Twirwaneho le 25 juillet, dénonçant des attaques coordonnées contre les civils Banyamulenge dans les Hauts-Plateaux d’Uvira et de Fizi.
Le MRDP accuse la FDNB de participer à une campagne de nettoyage ethnique en soutenant militairement la coalition gouvernementale, tout en formant sur son territoire des membres des Forces Démocratiques de Libération du Rwanda (FDLR) destinés à renforcer cette coalition.
En réaction, la FDNB a condamné, dans un communiqué, les accusations qu’elle a jugées mensongères et injustes. « La Force de Défense Nationale du Burundi voudrait porter à la connaissance de l’opinion tant nationale qu’internationale que le Burundi vit en harmonie avec tous les pays voisins, conformément à sa politique de non-agression et de bon voisinage. Le Burundi ne peut donc en aucun cas soutenir sous une quelconque forme des agresseurs d’un pays voisin. Toute formation et tout entraînement militaire s’organisent d’une façon professionnelle au profit des Burundais selon les besoins de la FDNB. »
Pour sa part, le MRDP dénonce les accusations de l’armée congolaise selon lesquelles il préparerait un génocide contre sa propre population, qualifiant cette rhétorique de « cynique, ignoble et absurde ».

Le MRDP-Twirwaneho rappelle que depuis plus de huit ans, il s’efforce de protéger les civils Banyamulenge face à des attaques répétées de groupes armés, notamment les Wazalendo et les Red Tabara. Le communiqué indique que les déclarations récentes des FARDC et de la FDNB pourraient être interprétées comme un aveu de culpabilité, dissimulant un plan de nettoyage ethnique transfrontalier.
Le MRDP souligne plusieurs attaques récentes visant les villages Banyamulenge, notamment celles de Rugezi le 21 mai 2025, à Gahwera le 25 juillet, et à Minembwe le 29 juillet. Ces incidents soulèvent la persistance d’une escalade de la violence dans la région.
Le MRDP accuse également le Burundi de former des membres du groupe FDLR, estimant leur nombre à environ 20 000 hommes. Plus de 3 000 d’entre eux auraient déjà traversé la frontière congolaise, recevant chacun une aide financière de 50 dollars avant de s’installer dans des camps temporaires à Uvira. Kamasa Ndakire, porte-parole du MRDP, a révélé que le principal quartier général de ce groupe est situé à Lemera.
Alors que la tension monte, le MRDP-Twirwaneho appelle la communauté internationale à prendre note de ces violations des droits humains et à agir pour protéger les civils Banyamulenge. Le mouvement réaffirme son engagement à défendre sa population face à la menace croissante de violence et d’exclusion ethnique.

