L’ONG congolaise Justicia ASBL tire une nouvelle fois la sonnette d’alarme. Dans plusieurs communiqués publiés entre février et juillet 2025, l’organisation accuse certains éléments des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), notamment la Garde républicaine, d’être impliqués dans l’envahissement illégal et la maltraitance sur plusieurs sites miniers actifs au Haut-Katanga et au Lualaba. Une situation explosive qui menace non seulement la sécurité, mais aussi l’environnement et la santé publique.
Justicia ASBL affirme que des militaires armés auraient investi des concessions minières appartenant à des entreprises opérant légalement, chassant le personnel, saccageant du matériel et facilitant le pillage massif des ressources. Dans une déclaration publiée le 21 février 2025, l’ONG s’indigne :
« Ce pillage massif des minerais appartenant à une entreprise légalement installée en RDC se fait au mépris total de la législation minière et environnementale du pays. C’est une preuve supplémentaire de la mafia qui gangrène l’industrie minière congolaise. »
Un des cas emblématiques concerne le site minier de COMIDE, dans le Lualaba. Selon l’ONG, plusieurs camions chargés illégalement de cuivre auraient été escortés par des éléments armés jusqu’en Zambie. Cette opération aurait été facilitée par des réseaux mafieux incluant des commerçants étrangers et des membres des forces de sécurité.
« Des militaires de la Garde républicaine, censés protéger les institutions, se retrouvent en première ligne dans ces pratiques illégales, en complicité avec des réseaux sino-libanais et des responsables locaux », déclare Justicia dans un autre extrait.

Plus inquiétant encore : les activités minières illégales s’étendent jusqu’aux abords de zones à haute sensibilité environnementale. Dans le site minier de Menda, où se trouverait une réserve d’uranium, l’ONG alerte sur l’exploitation anarchique de minerai radioactifs, sans protection adéquate.
« Cette exploitation illégale met clairement en danger la vie de milliers de personnes et pourrait contaminer toute la chaîne alimentaire. Si aucune disposition n’est prise, ces réseaux pourraient même entrer en contact avec des groupes terroristes », prévient l’organisation.
Face à cette situation, Justicia ASBL appelle les autorités congolaises à retirer immédiatement les militaires impliqués des sites miniers et à engager des poursuites judiciaires. Elle plaide aussi pour un contrôle rigoureux des activités minières et une révision des contrats d’exploitation. L’ONG estime que sans action rapide, la RDC court le risque de perdre le contrôle de ses ressources stratégiques.
« Nous ne pouvons pas accepter que les ressources naturelles de notre pays soient pillées sous la protection de ceux censés défendre la nation », conclut Justicia ASBL dans son appel au chef de l’État.

