Des veuves militaires venues du grand Nord-Kivu, dont Goma, sont descendues dans la rue ce lundi 14 juillet 2025 à Beni, dans l’est de la RDC, pour réclamer environ 5 mois d’arriérés de paiement des salaires de leurs maris.
De la tristesse, ainsi que de la colère teintée d’impuissance, tels sont les sentiments visibles sur le visage d’une centaine de veuves militaires des FARDC, qui réclament ce lundi 13 juillet, plus ou moins 5 mois d’arriérés de leur solde.
Des écriteaux à la main, pieds nus pour la plupart, et assises par terre sur le boulevard Nyamwisi, au rond-point du 30 juin à Beni, elles dénoncent des conditions pénibles, dormant à la belle étoile avec leurs enfants orphelins, manquant de soins médicaux et d’autres besoins élémentaires.
« Nous pleurons avec nos orphelins dormant à la belle étoile, la famine et nos collègues meurent. Nous ne sommes pas payées depuis 5 mois, nous ne comprenons pas où va notre paiement. Nous voulons être payées car nous souffrons », a déclaré l’une des manifestantes.

Cette situation a causé une paralysie temporaire du trafic sur le boulevard. Des pneus ont été brûlés sur le goudron et des barricades ont été placées le long de la route. Mandat Celio, un orphelin, s’interroge sur les raisons du blocage de leurs salaires.
« Depuis qu’on fuit Goma, jusqu’aujourd’hui nous ne recevons pas notre solde. Nos mamans, nos papas, nos enfants sont décédés même en route en fuyant de Goma jusqu’ici. Arrivés ici, on nous dit seulement de voir l’IG, nous ne le connaissons pas. Nos maris sont tombés en brousse, aucun IG n’est parti récupérer leurs corps », regrette Mbango Yando Passy, âgée d’une cinquantaine d’années.
Des sources militaires sous couvert d’anonymat rassurent que la situation sera régularisée dans quelques jours par l’état-major général des FARDC.
L’ignorance des grévistes concernant l’IG (Inspection Générale) soulève des questions sur la communication entre les autorités responsables de la paie et les veuves et orphelins militaires. D’ailleurs, beaucoup d’entre elles ne connaissent pas l’existence de l’IG, ce qui souligne la nécessité de renforcer les stratégies de communication au niveau de l’armée congolaise.

