Les habitants de la province de l’Ituri, dans le nord-est de la République démocratique du Congo, sont à nouveau confrontés à une violence extrême qui menace leur survie. Dans un rapport alarmant publié par l’organisation Médecins Sans Frontières (MSF), l’organisation humanitaire dénonce une recrudescence des atrocités dans la région, où des civils, y compris des femmes et des enfants, subissent des blessures graves, souvent infligées par des machettes et des balles.
Le rapport de MSF, intitulé « Risquer sa vie pour survivre », met en lumière les conditions catastrophiques des populations locales. Depuis des décennies, l’Ituri est un épicentre de violences communautaires et de conflits armés, mais la situation s’est aggravée depuis le début de l’année 2025. Selon les Nations Unies, plus de 100 000 personnes ont été déplacées, fuyant des attaques meurtrières. En janvier et février, plus de 200 personnes ont été tuées, touchant des civils dans des zones rurales et urbaines, notamment à Djugu, où des milices ont mené des raids sur les villages.
L’accès limité aux soins médicaux est un aspect préoccupant de la crise en Ituri. Les structures de santé, déjà fragiles, sont régulièrement prises pour cibles par les groupes armés. L’hôpital général de Fataki a dû suspendre ses activités et évacuer ses patients en raison des menaces sur le personnel médical. Des centres de santé dans la zone de Drodro ont été partiellement ou totalement détruits, rendant l’accès aux soins impossible pour des milliers de personnes. Les médecins risquent leur vie pour fournir des soins, comme le raconte un médecin de MSF : « C’était dangereux et je risquais ma vie, mais on n’avait pas le choix. »
Les attaques contre les civils, en particulier les femmes et les enfants, sont de plus en plus fréquentes. Plus de la moitié des victimes traitées par MSF à la clinique de Bunia entre janvier et mars 2025 étaient des femmes et des enfants. Les récits sont déchirants : une mère a perdu son bébé de six mois et son mari dans une attaque à la machette, tandis que ses deux autres enfants ont été gravement blessés. À Drodro, près de 84 % des victimes de violences sexuelles traitées par MSF en 2023 et 2024 ont été agressées lors de tâches quotidiennes.

Les personnes déplacées en quête de refuge dans des camps ne sont pas à l’abri. Les sites de déplacés, loin d’être des sanctuaires, sont également la cible d’attaques armées. En septembre 2024, MSF a soigné cinq blessés par balle à la suite d’une attaque dans un camp de déplacés à Fataki.
Malgré les efforts du gouvernement congolais, de MSF et d’autres organisations humanitaires, les besoins de la population dépassent largement les ressources disponibles. L’insécurité alimentaire est devenue une crise majeure en Ituri, affectant près de 43 % de la population. Les conditions sanitaires déplorables dans les camps favorisent la propagation de maladies diarrhéiques et respiratoires, touchant surtout les enfants de moins de cinq ans.
MSF lance un appel pressant à la communauté internationale pour qu’elle fournisse un soutien humanitaire immédiat à l’Ituri. L’organisation exige que tous les groupes armés respectent les lois internationales et épargnent les civils ainsi que les structures de santé, essentielles pour la survie des communautés locales. Les habitants de l’Ituri, qui vivent sous le poids de la violence et de la pauvreté, doivent pouvoir accéder à des soins de santé en toute sécurité et reprendre leur vie sans risquer leur existence chaque jour.






