Les divisions internes au sein de la majorité présidentielle en République démocratique du Congo s’exposent désormais au grand jour. Au cœur de ces tensions : deux figures influentes de l’Union sacrée de la Nation (USN), plateforme politique du président Félix Tshisekedi, à savoir Augustin Kabuya et André Mbata.
Une sortie musclée de Kabuya contre Mbata
Lors d’un meeting tenu le 18 avril 2026 à Kinshasa, le secrétaire général de l’UDPS, Augustin Kabuya, a vivement remis en cause la place et la légitimité d’André Mbata au sein de la coalition au pouvoir.
Dans une déclaration particulièrement virulente, il a lancé :
« Que les mandataires de l’UDPS ne versent aucun rond à M. Mbata, puisque lui-même ne cotise pas pour le parti. Lorsque l’Union sacrée aura besoin de la contribution de l’UDPS, qu’on s’adresse à moi, en ma qualité de gestionnaire du parti. »
Poursuivant son intervention, Kabuya a ajouté :
« Si tu veux profiter du pouvoir, profite calmement, mais ne crache pas sur les sacrifices de ceux qui se sont battus pour son obtention. Aucun ancien de l’UDPS ne peut supporter le langage de cet orgueilleux, nouveau venu. »
Cette prise de parole, accompagnée de la diffusion d’images d’archives liées au parcours politique d’André Mbata, visait à remettre en cause son ancrage historique dans la famille UDPS et son positionnement au sein de l’USN.
Au-delà des tensions personnelles, les divergences se sont accentuées après les élections provinciales au Sankuru. Le camp d’André Mbata a soutenu la victoire de Jules Lodi à la gouvernance provinciale sous la bannière de l’Union sacrée, une issue perçue comme un succès politique dans son camp.
Mais cette victoire est mal accueillie dans le camp Kabuya, dont le candidat issu de l’UDPS n’a pas été retenu. Pour ses proches, cette situation a été interprétée comme une humiliation politique, alimentant davantage les rivalités internes déjà existantes.
Au milieu de cette polémique, consécutive à la sortie d’Augustin Kabuya, le nouveau gouverneur de la province du Sankuru, accompagné du vice-Premier ministre de l’Intérieur Jacquemain Shabani, a été reçu par André Mbata, secrétaire permanent de l’Union sacrée.
Parallèlement, une autre polémique agite l’union sacrée.
Une motion de défiance visant le vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, a été déposée à l’Assemblée nationale par le député Laddy Yangotikala, élu de Kisangani.
L’initiative reproche notamment au ministre son inaction face à la montée de l’insécurité à Kinshasa et dans plusieurs provinces du pays.
Dans une mise au point, le député a tenu à préciser :
« Qu’on ne vous trompe pas. Ma motion de défiance n’a pas été retirée. Nous irons jusqu’au bout. »
Il a également rejeté toute proximité politique avec Augustin Kabuya, affirmant :
« Faux, je n’ai aucun lien privé avec Kabuya, le seul lien est que nous sommes tous députés. Je n’ai ni son numéro, ni connaissance de son bureau. On ne s’est jamais parlé. »
Et d’ajouter : « S’ils disent que Kabuya est derrière nous, alors qui est derrière ceux qui tuent et sèment l’insécurité à Kinshasa et dans nos provinces ? Qui protège l’inaction face à cette situation ? ».
Dans ce climat de rivalités croisées et de contestations persistantes, la majorité présidentielle semble engagée dans une recomposition silencieuse de ses équilibres internes.

