L’AFC/M23 a de nouveau accusé ce mercredi 1 avril 2026 Kinshasa de poursuivre une collaboration avec les FDLR sur plusieurs lignes de front dans l’Est de la République démocratique du Congo. Ces accusations interviennent malgré l’annonce récente de l’armée d’opérations visant à désarmer ce groupe armé rwandais.
Dans un tweet, le porte-parole du mouvement, Lawrence Kanyuka, affirme que « le régime de Kinshasa persiste à déployer les FDLR sur toutes les lignes de front, au mépris total de ses engagements de les neutraliser ».
Selon lui, cette situation constitue « une violation flagrante du cessez-le-feu et des engagements pris ».
L’AFC/M23 dénonce également la poursuite d’offensives des forces coalisées de Kinshasa, qu’il accuse de provoquer « la mort et la désolation » dans plusieurs zones de combat.
Lawrence Kanyuka indique que des civils sont tués, des habitations incendiées et des déplacements massifs de populations, accusant Kinshasa d’alimenter une crise humanitaire déjà aggravée par « l’usage indiscriminé de drones et d’artillerie lourde ».
Le commandant adjoint des FARDC, le lieutenant-général Jacques Ychaligonza, a lancé le week-end à Kisangani une opération de désarmement ciblant précisément les FDLR. Dépêché à Kisangani, il a déclaré que les combattants du groupe devaient remettre leurs armes « de gré ou de force ».
Les autorités militaires congolaises indiquent qu’un site d’accueil a déjà été aménagé à Kisangani pour recevoir les combattants qui accepteront de se rendre, avant leur rapatriement annoncé vers le Rwanda.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre des engagements pris dans l’accord de paix soutenu par les États-Unis entre Kinshasa et Kigali, qui prévoit la neutralisation des FDLR comme étape clé vers une désescalade régionale.
La question des FDLR reste au cœur des tensions entre la RDC et le Rwanda.
En réaction, le ministre rwandais des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe, a indiqué sur son compte X que la mise en œuvre des Accords de Washington pour la Paix et la Prospérité requiert des actions concrètes sur le terrain, et non des paroles sans lendemain, des éternelles promesses jamais matérialisées, des « sensibilisations » sans fin, ou encore une cacophonie gouvernementale sur l’existence ou la dangerosité des génocidaires FDLR.

