La crise interne s’intensifie au sein de l’Alliance des Forces Démocratiques du Congo. Longtemps figure centrale du parti, Modeste Bahati Lukwebo fait désormais face à une contestation ouverte, matérialisée par la mise en place d’un comité de crise qui consacre une rupture politique majeure.
Dirigé par le Mwami Clovis Otto Bahizi, ce comité a publiquement pris ses distances avec Bahati, mercredi 25 mars, désormais présenté comme « ancien autorité morale » du mouvement.
Cette position traduit un basculement notable des rapports de force au sein de la formation politique.
Au cœur de cette crise, les cadres du parti accusent Bahati Lukwebo de népotisme, de favoritisme et de mauvaise gouvernance.
Des griefs qui fragilisent davantage sa position dans un contexte déjà marqué par des tensions internes croissantes.
Parallèlement, le comité de crise a affiché son alignement sur la ligne politique de l’Union sacrée de la Nation, notamment sur la question du changement ou de la révision de la Constitution. Un positionnement en rupture avec celui jusque-là défendu par Bahati, confirmant une recomposition en cours au sein du parti.
Cette séquence intervient dans la foulée de la démission de Modeste Bahati Lukwebo de son poste de deuxième vice-président du Sénat, annoncée le 18 mars 2026. Officiellement, il avait évoqué la nécessité de préserver la sérénité institutionnelle, après une pétition de déchéance initiée contre lui.
Le Sénat de la République démocratique du Congo a pris acte de cette démission le 21 mars, en sa présence. Si l’Union sacrée de la Nation a salué un « geste de responsabilité », les pressions politiques à son encontre persistent.
Le même 18 mars, une déclaration lue par le député Patrick Munyomo a officialisé le désaveu des députés nationaux du groupe parlementaire AFDC-A. Ces derniers se sont désolidarisés de leur autorité morale, affirmant que les récentes prises de position de Bahati Lukwebo contre le changement de la Constitution étaient strictement personnelles.
Les élus dissidents ont notamment dénoncé des déclarations jugées ambiguës, susceptibles de semer le doute sur la loyauté du regroupement envers le président Félix Tshisekedi et la majorité au pouvoir. Ils ont appelé leur leader à « tirer les conséquences politiques qui s’imposent ».

