Le gouvernorat militaire de l’Ituri ne cache plus son hostilité à l’égard de Kampala. Selon le journal Africa Intelligence, le 4 mars 2026, le lieutenant-général Johnny Luboya Nkashama a interdit le passage de l’armée ougandaise par les postes-frontières d’Anzida et de Karombo.
Depuis quatre ans, l’armée congolaise et l’Uganda Peoples’ Defence Forces (UPDF) mènent des opérations conjointes contre les terroristes des Forces démocratiques alliées (ADF) présents dans l’est de la RDC. Alliés à l’État islamique, ils sont accusés d’avoir massacré des milliers d’habitants.
À la tête de la province de l’Ituri depuis 2021, le lieutenant-général Luboya Nkashama cherche, non sans difficulté, à limiter le déploiement des UPDF au cadre strict de l’opération Shujaa.
Sa posture agace l’establishment ougandais, qui le considère comme une menace pour ses intérêts. Jamais avare de déclarations outrancières, le général Muhoozi Kainerugaba, fils du président Yoweri Museveni et chef d’état-major des UPDF, avait menacé sur X, en mars 2025, de procéder à l’arrestation de Johnny Luboya Nkashama. Quelques mois plus tard, en septembre, l’armée ougandaise a demandé en coulisses à Kinshasa son éviction, révèle Africa Intelligence.
Le journal français précise que le pouvoir de Félix Tshisekedi n’a pas donné suite, malgré les menaces de Kampala de retirer ses troupes. Celles-ci sont restées, les UPDF ayant tout intérêt à demeurer en Ituri, zone d’influence traditionnelle de l’Ouganda.
Si Kinshasa hésitait à engager des escalades diplomatiques, la situation a progressivement évolué. Estimant que le contexte lui est désormais moins défavorable depuis son rapprochement avec Washington, le pouvoir congolais est aujourd’hui plus enclin à faire preuve de fermeté.
« L’armée ougandaise ne s’est pas contentée de réclamer le départ du lieutenant-général Johnny Luboya Nkashama. Elle a également fait part de ses préoccupations sur le fait que les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) concentrent leurs efforts contre les hommes de Thomas Lubanga, et non sur les Allied Democratic Forces » a indiqué Africa Intelligence.

