Le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD) a vivement dénoncé ce qu’il qualifie de « dérive répressive » du pouvoir à Kinshasa, évoquant à la fois une vague de disparitions forcées dans la capitale et l’usage de drones dans le conflit à l’est du pays. Dans un communiqué de sa coordination de la diaspora, le parti de l’ancien président Joseph Kabila accuse les autorités de durcir la répression politique tout en militarisant davantage la crise sécuritaire.
Cette réaction intervient après la publication d’un rapport de Human Rights Watch documentant plusieurs cas de disparitions forcées à Kinshasa et mettant en cause le Conseil national de cyberdéfense (CNC). Selon le PPRD-Diaspora, ces révélations confirment « ce que nous dénonçons depuis longtemps : la terreur politique, les détentions secrètes et les enlèvements ciblés contre les opposants et les voix dissidentes ».
Dans le même communiqué, la formation politique réclame la dissolution du CNC, qu’elle accuse d’avoir dérivé vers un rôle de répression politique.
« Une structure créée pour la cyberdéfense ne peut être transformée en police politique parallèle, en machine d’intimidation et en bras clandestin de neutralisation de l’opposition. »
Le parti demande également la libération immédiate de plusieurs responsables politiques, dont Aubin Minaku et Emmanuel Ramazani Shadary, arrêtés depuis plusieurs semaines, ainsi que d’autres militants qu’il considère comme détenus pour des motifs politiques.
Le communiqué exprime par ailleurs une vive indignation après une attaque par drone survenue à Goma, dans l’est de la République démocratique du Congo, qui a fait trois morts, dont une employée du système des Nations unies travaillant pour UNICEF.
Le PPRD-Diaspora estime que cette frappe marque une nouvelle escalade dans le conflit.
« Ce qui s’est produit à Goma marque un seuil extrêmement grave. En frappant une zone urbaine résidentielle dans une ville surpeuplée, le régime de Kinshasa franchit une ligne dangereuse dans la dronisation du conflit. »
Dans un ton particulièrement critique, le parti met directement en cause le président Félix Tshisekedi, accusé de bloquer toute dynamique de dialogue politique.
« La guerre est devenue, pour son système, une rente de survie politique, un instrument de diversion intérieure et un prétexte commode à la répression. »
Le PPRD appelle enfin la communauté internationale, notamment l’Union africaine, l’Union européenne et les Nations unies, à exercer davantage de pression sur Kinshasa afin de favoriser une désescalade et l’ouverture d’un dialogue politique inclusif.
Le PPRD insiste sur la nécessité d’un règlement politique de la crise.
« La paix ne se construira ni par les drones, ni par les prisons secrètes, ni par la criminalisation de l’opposition. Elle passera par la vérité, la justice, les libertés publiques et un compromis politique courageux. »

