La coordination provinciale de la Société civile du Congo (SOCICO) en Ituri tire la sonnette d’alarme et demande au gouvernement congolais de mettre fin à l’accord de mutualisation des forces entre les Forces armées de la RDC (FARDC) et l’armée ougandaise (UPDF).
Dans une déclaration publique, la SOCICO affirme avoir constaté plusieurs « dérapages » et dénonce l’inaction de l’armée ougandaise dans les opérations sécuritaires menées dans la province.
Selon elle, la présence de l’UPDF ne produit pas les résultats attendus sur le terrain.
La coordination provinciale estime que les FARDC sont capables d’assurer seules la défense de l’intégrité territoriale. Elle souligne que les soldats congolais restent mobilisés jour et nuit sur plusieurs lignes de front et sont déployés dans différentes zones de l’Ituri pour protéger la population.
Par ailleurs, la SOCICO affirme ne pas avoir observé d’actions militaires visibles de l’UPDF aux côtés des FARDC et préfère la poursuite de la collaboration entre les FARDC et la MONUSCO, notamment pour l’appui logistique et l’évacuation des blessés.
La structure citoyenne dénonce également des actes qu’elle attribue à certains éléments de l’UPDF dans les territoires d’Irumu et de Mambasa. Des champs agricoles auraient été dévastés et des produits, notamment du cacao, emportés vers l’Ouganda, tandis que des cultivateurs seraient empêchés d’accéder à leurs terres sous prétexte de mesures sécuritaires.
La SOCICO affirme disposer de preuves et estime que la présence de l’armée ougandaise poursuit d’autres objectifs que ceux annoncés dans l’accord de coopération militaire.
Elle accorde un délai de deux semaines aux autorités pour obtenir le retrait effectif de l’UPDF du territoire congolais. À défaut, elle envisage d’initier des actions citoyennes qu’elle qualifie de « responsables » afin de défendre les intérêts de la province et du pays.

