L’opposition congolaise reste profondément divisée sur les conditions préalables à la tenue d’un dialogue intercongolais, initialement prévu sous la facilitation de l’Angola.
Alors que le gouvernement de Félix Tshisekedi a rappelé, via son porte-parole, que le dialogue entre Congolais ne réglera pas à lui seul la crise sécuritaire dans l’Est, le 26 février, Martin Fayulu a lancé un appel urgent à sa tenue.
Pour le leader de Lamuka, le dialogue reste l’étape essentielle pour pacifier le pays.
Pourtant, l’approche de Fayulu, centrée sur la gouvernance, la justice, les réformes électorales et l’intégrité territoriale, ne fait pas l’unanimité au sein de l’opposition.
Seth Kikuni, membre influent de la plateforme Sauvons la RDC initiée par Joseph Kabila, a réagi en posant des préalables stricts, soulignant que tout dialogue dans un contexte marqué par la répression serait une légitimation des pratiques antidémocratiques.
Dans une déclaration détaillée, Seth Kikuni a énuméré les conditions nécessaires pour garantir la légitimité et la crédibilité du dialogue national inclusif :
Cessez-le-feu immédiat et cessation de toute répression visant à intimider, réduire au silence ou exclure les voix dissidentes ;
Libération des prisonniers politiques et d’opinion ;
Levée des condamnations à caractère politique et rétablissement des droits civiques et politiques des acteurs concernés ;
Restitution des passeports et rétablissement effectif de la liberté de circulation des acteurs politiques et sociaux ;
Annulation des procédures judiciaires à caractère politique, levée des mandats d’arrêt et réparation des préjudices subis.
Cette position souligne la fracture au sein de l’opposition entre ceux qui souhaitent avancer rapidement vers un dialogue et ceux qui estiment que seules des garanties substantielles peuvent en assurer la crédibilité.
Le 10 février, Félix Tshisekedi et son homologue João Lourenço ont mandaté l’Angola pour mener des consultations avec toutes les parties congolaises intéressées, afin de préparer un dialogue apaisé, conduit par les institutions de la République et respectant la Constitution.
Toutefois, plusieurs figures de l’opposition jugent les institutions du régime non crédibles pour organiser un dialogue et soutiennent que la facilitation extérieure, notamment par la CENCO et l’ECC, est indispensable pour garantir neutralité et impartialité.

