Lors d’une intervention sur TV5 Monde, jeudi, l’opposant congolais Jean-Marc Kabund a réaffirmé son soutien à un dialogue national inclusif pour sortir la RDC d’une crise multiforme.
Ancien cadre de l’UDPS et premier vice-président de l’Assemblée nationale, il a insisté sur le fait qu’il n’appartient pas à la présidence de fixer des préalables de manière unilatérale.
Pour lui, tout forum sur la situation sécuritaire dans l’est doit inclure l’AFC-M23, partie prenante du conflit avec Kinshasa.
« Nous ne pouvons pas nous imaginer un forum qui va tabler sur la question sécuritaire à l’est du pays sans les vrais véritables acteurs . Il est aujourd’hui absurde de parler de paix, de parler d’un forum politique sans le M23 », a-t-il affirmé.
Évoquant les violences dans l’est, Jean-Marc Kabund a estimé que le conflit opposant le M23 au gouvernement constitue l’une des causes majeures des difficultés internes de la RDC.
Selon lui, l’insécurité reflète des problèmes structurels profonds, notamment la mauvaise gouvernance, la confiscation du pouvoir et une gestion fondée sur la prédation des richesses nationales.
« La guerre menée par le M23, comme celle de tous les groupes armés, est l’une des causes réelles des problèmes internes au Congo, notamment la mauvaise gouvernance, la confiscation du pouvoir et une gestion fondée sur la prédation des richesses et des ressources du pays », a-t-il ajouté.
L’opposant a souligné que la tenue d’un forum sur la situation sécuritaire ne serait pertinente que si les « véritables acteurs » impliqués dans le conflit, dont l’AFC-M23, y participent.
Jean-Marc Kabund a averti que l’insécurité à l’est ne saurait résumer à elle seule la crise nationale. Il a dénoncé les failles structurelles de la gouvernance, la confiscation du pouvoir par une élite restreinte et un mode de gestion fondé sur la prédation des richesses, fragilisant durablement les institutions et compromettant le développement ainsi que la cohésion nationale.
Ses déclarations interviennent alors que les violences se poursuivent, notamment les bombardements attribués aux FARDC appuyées par l’armée burundaise dans les Hauts-Plateaux de Minembwe, au Sud-Kivu, et que les démarches internationales pour une sortie de crise se multiplient.
L’Angola avait annoncé un cessez-le-feu devant entrer en vigueur dès le 18 février dans le cadre de sa médiation préparatoire au dialogue intercongolais.
Sur le terrain, l’AFC-M23 accuse Kinshasa de violer ce cessez-le-feu en poursuivant des attaques contre les civils banyamulenge dans la région de Minembwe.

