La Convention pour le Respect des Droits Humains (CRDH) a publié, ce 20 février 2026 à Goma, un rapport détaillant plus de 7 000 civils tués par les ADF entre 2020 et 2026 dans la région de Beni-Lubero, au Nord-Kivu.
Selon l’organisation : « Entre 2020 et 2024, au moins 5 106 civils ont été lâchement abattus. Entre 2024 et 2026, nous avons documenté plus de 2 000 civils supplémentaires. Nous ne sommes pas face à une crise ponctuelle, mais à un système de violence qui perdure. »
Les massacres sont principalement attribués aux Forces démocratiques alliées (ADF), mais la CRDH souligne aussi « l’implication de certains groupes armés locaux, notamment des factions Maï-Maï/Wazalendo », ainsi que « des cas documentés de collaboration ou de passivité opérationnelle de certains éléments des FARDC ».
L’organisation précise que « des officiers FARDC ont été arrêtés pour des faits liés à la commercialisation illégale d’armes et de munitions », démontrant que « lorsque des armes censées protéger la population alimentent la violence, la guerre devient auto-entretenue ».

Au-delà des massacres, la CRDH met en garde contre « l’économie de guerre », évoquant « détournements logistiques, trafics d’armes et gestion opaque des fonds sécuritaires », qui profiteraient à « certains acteurs politiques et militaires corrompus ».
Pour rétablir la sécurité et la confiance, l’organisation exige : « Une réforme profonde de la chaîne de commandement militaire. Un audit indépendant des fonds et opérations militaires. Le démantèlement des réseaux de vente d’armes. Des poursuites judiciaires contre tout acteur impliqué, quel que soit son rang. »
Le rapport rappelle : « Plus de 7 000 civils ont été tués. Nous refusons que leur mémoire serve à perpétuer une guerre éternelle. Nous exigeons qu’elle devienne le fondement d’une transformation réelle. »

