La Constitution de la République démocratique du Congo fête ses 20 ans. Adoptée par référendum en 2005 et promulguée en 2006, elle devait constituer le socle d’un nouvel État après des années de conflits et de transition politique. Deux décennies plus tard, le texte fondamental demeure au cœur des débats politiques et juridiques.
Pour Olivier Kamitatu, cadre du parti Ensemble pour la République, l’enjeu n’est pas de changer la Constitution, mais de l’appliquer pleinement.
« Appliquer la Constitution, c’est restituer aux provinces les 40 % qui leur reviennent de droit, faire du Premier ministre le véritable chef du gouvernement, garantir l’indépendance effective du pouvoir judiciaire, et organiser des élections dont la légitimité ne soit plus contestée », déclare-t-il.
De son côté, Me Yannick Tshisola, chef de cabinet du coordonnateur politique de l’Alliance Fleuve Congo/Mouvement du 23 mars, relaie la conviction de Corneille Nangaa : sans « la vigilance et le sacrifice de l’AFC/M23 », la Constitution aurait été « trahie et enterrée » par le régime du président Félix Tshisekedi.
Pour le professeur Laurent Onyemba, spécialiste de droit public, célébrer les vingt ans de la Constitution, c’est rendre hommage « non à un simple texte, mais à un pacte fondateur ».
Selon lui, une Constitution « n’est pas qu’un agencement de normes : elle est l’expression juridique d’une mémoire collective et l’architecture du vivre-ensemble ».
Il insiste sur une distinction clé : « Une Constitution ne se change pas, elle se révise ». Réviser, explique-t-il, c’est « ajuster sans rompre », préserver la continuité du pacte tout en l’adaptant aux exigences du temps. La stabilité constitutionnelle est, selon lui, « une vertu cardinale ».
Menacée par une campagne en faveur de son remplacement menée il y a quelques années par le président Félix Tshisekedi, la Constitution reste aujourd’hui un symbole central de la souveraineté du peuple congolais et du socle d’un État de droit.
Vanessa Habanza

