L’opposant congolais Parole Kamizelo, membre du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), a saisi lundi le Tribunal de paix de Kinshasa-Ngaliema pour demander le déport de l’ensemble des juges appelés à statuer sur son dossier, invoquant de graves atteintes aux garanties d’un procès équitable.
Dans une requête formelle adressée à la juridiction, l’intéressé dénonce ce qu’il qualifie de « partialité apparente » de la chambre, fondée selon lui sur une accumulation d’irrégularités procédurales. Il met notamment en cause la présence, au sein du ministère public, de magistrats liés au Conseil national de cyberdéfense (CNC), structure qu’il accuse de l’avoir détenu et maltraité dans un lieu non reconnu par la loi.
« Le maintien de certains acteurs directement impliqués dans ma détention au sein de la poursuite, sans la moindre réaction de la Chambre, constitue une violation manifeste du principe d’impartialité objective », écrit Parole Kamizelo, estimant que cette situation crée un climat d’insécurité juridique incompatible avec les standards de l’État de droit.
Poursuivi pour outrage au chef de l’État, Félix Tshisekedi, des faits qu’il conteste fermement, l’opposant affirme que les éléments retenus contre lui, notamment une vidéo d’excuses diffusée publiquement, auraient été obtenus sous la contrainte.
Surnommé « Maîtrisable » par ses partisans, en référence à un concept politique qui a contribué à sa notoriété, il rejette toute culpabilité et dénonce une procédure à caractère politique.
Dans son courrier, il critique également la conduite des audiences, évoquant l’admission de procès-verbaux qu’il juge entachés de nullité, ainsi que la présence visible et répétée d’agents du CNC dans la salle, qu’il décrit comme une forme de pression directe sur la juridiction.
« Cette atmosphère m’a conduit à m’interroger publiquement sur la nature réelle de mon procès : judiciaire ou politique », souligne-t-il.
À défaut d’un déport volontaire des juges, Parole Kamizelo annonce son intention d’engager une procédure formelle de récusation lors de la prochaine audience, se prévalant de ses droits constitutionnels.
Il demande par ailleurs, pour des raisons de sécurité, que les audiences à venir se tiennent exclusivement au Centre pénitentiaire et de rééducation de Kinshasa (CPRK) Makala, où il est actuellement détenu.
Sa défense est assurée par les avocats Éloi Mubilansam et Guylain Mwath, membres du barreau de Kinshasa/Matete. Cette affaire, suivie de près par les milieux politiques et judiciaires, intervient dans un contexte où l’indépendance de la justice congolaise demeure au cœur des débats nationaux et internationaux.

