La capitale de la République démocratique du Congo est secouée par des tensions dans le quartier Pakadjuma, à Limete, après la démolition lundi de plusieurs constructions jugées anarchiques par les autorités.
L’opération, menée par les services de l’Hôtel de Ville et supervisée par le ministre provincial de l’Environnement Léon Mulumba, vise à libérer un terrain appartenant à l’Office national des transports (ONATRA) et à relancer la circulation ferroviaire sur un axe stratégique longtemps paralysé.
« Conformément à la volonté ferme du gouverneur Daniel Bumba de rétablir l’ordre public et de mettre fin aux occupations illégales des espaces urbains, les services de 𝗹’𝗛ô𝘁𝗲𝗹 𝗱𝗲 𝗩𝗶𝗹𝗹𝗲 𝗱𝗲 𝗞𝗶𝗻𝘀𝗵𝗮𝘀𝗮 ont procédé à la démolition des constructions anarchiques érigées le long de la voie ferrée, précisément dans le quartier 𝙋𝙖𝙠𝙖𝙙𝙟𝙪𝙢𝙖, situé dans la commune de Limete », a déclaré l’Hôtel de Ville.
𝗟𝗲 𝗺𝗶𝗻𝗶𝘀𝘁𝗿𝗲 𝗽𝗿𝗼𝘃𝗶𝗻𝗰𝗶𝗮𝗹 𝗱𝗲 𝗹’𝗘𝗻𝘃𝗶𝗿𝗼𝗻𝗻𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁, 𝗟é𝗼𝗻 𝗠𝘂𝗹𝘂𝗺𝗯𝗮, qui a dirigé cette opération, a indiqué que le terrain concerné appartient à 𝗹’𝗢𝗳𝗳𝗶𝗰𝗲 𝗻𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻𝗮𝗹 𝗱𝗲𝘀 𝘁𝗿𝗮𝗻𝘀𝗽𝗼𝗿𝘁𝘀 (𝗢𝗡𝗔𝗧𝗥𝗔). Il a précisé que cette action vise à libérer l’espace nécessaire à la reprise effective de la circulation ferroviaire sur cet axe stratégique, longtemps paralysé par une occupation anarchique.

« Cette opération va se poursuivre et s’étendra 𝗱𝗲 𝗹𝗮 𝗴𝗮𝗿𝗲 𝗱𝗲 𝗠𝗮𝘁𝗲𝘁𝗲 à 𝗞𝗶𝗻𝘁𝗮𝗺𝗯𝗼 𝗠𝗮𝗴𝗮𝘀𝗶𝗻. Cette initiative constitue un signal fort : Kinshasa doit se moderniser.
Cela passe notamment par l’assainissement des quartiers, la relance des infrastructures publiques et le respect des biens de l’État », a rassuré l’Hôtel de Ville.
Mais la population de Pakadjuma a réagi violemment. Ce mardi matin, pneus brûlés, routes barricadées et affrontements avec la police ont paralysé la circulation, notamment sur le tronçon du Poids-Lourds à Kingabwa.
Des magasins ont été pillés, et des témoins font état de plusieurs blessés et de quelques morts, alors que les forces de l’ordre tentent de sécuriser la zone.
Selon un habitant : « Les démolitions sont brutales. Beaucoup de familles ont tout perdu. Nous comprenons la nécessité de la modernisation, mais la manière dont cela se fait nous met en danger. »
Les autorités provinciales insistent sur la nécessité de rétablir l’ordre et de protéger les infrastructures publiques, tandis que la population réclame des mesures d’accompagnement et une sécurisation des habitants touchés par les démolitions.

