L’opposant politique Parole Kamizelo Sukadi, alias « Maîtrisable » et membre du PPRD de Joseph Kabila, comparaît devant le tribunal de paix de Kinshasa-Ngaliema pour diffusion de fausses informations et offense envers le président Félix Tshisekedi. L’ouverture de son procès remonte à la semaine dernière.
Les accusations portées contre Kamizelo concernent essentiellement ses critiques publiques à l’égard du chef de l’État, notamment ses déclarations sur l’accord de paix signé à Washington en décembre 2025 entre la RDC et le Rwanda.
L’opposant a qualifié cet accord « d’acte de balkanisation » et a accusé le président Tshisekedi de trahison envers la souveraineté nationale. Il a également affirmé que « les amis de Paul Kagame sont les amis de Félix Tshisekedi ».
Depuis l’étranger, les opposants Seth Kikuni et Lubaya Claudel, membres du Cadre de Concertation des Forces Politiques et Sociales, dénoncent la procédure. « La scénarisation de cette procédure, filmée et diffusée sur les chaînes de télévision, constitue une preuve éclatante de l’instrumentalisation de l’appareil judiciaire à des fins politiques. La justice est ici délibérément ravalée au rang d’instrument de coercition, manipulé contre les opposants et les citoyens comme Kamizelo, dont le seul tort est d’exercer leur liberté d’expression », affirment-ils.
L’Association Congolaise pour l’Accès à la Justice (ACAJ) a également appelé à la libération immédiate de l’opposant et d’autres détenus politiques. « ACAJ exige la libération sans condition de Me Djuma Bondo, avocat arrêté et détenu au secret par le groupe M23 depuis le 22 septembre 2025 », écrit l’organisation dans un communiqué.
Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, Kamizelo a reconnu avoir offensé le président, expliquant que ses propos avaient été recueillis sous contrainte : « J’ai agi ainsi pour sauver ma vie. Si je n’avais pas fait cela, je ne serais pas ici aujourd’hui… Vous ne pouvez pas comprendre le contexte dans lequel nous étions. J’ai dit cela en pleurant intérieurement. Parmi les propos que j’ai l’intention de retirer, il y a ceux recueillis sous la menace d’une arme. Personne ne peut se réjouir de paroles obtenues sous contrainte. Ils m’ont laissé trois jours sans manger. »
Le procès de Kamizelo suscite un vif débat sur la liberté d’expression et l’indépendance du système judiciaire en RDC, à un moment où le pays est secoué par des tensions politiques persistantes.

