Un consortium d’organisations de défense des droits humains a rendu public, mercredi 28 janvier 2026 à Goma, un rapport dénonçant de graves violations humanitaires, sécuritaires et juridiques à l’encontre des réfugiés congolais installés au Burundi.
Intitulé « Situation humanitaire, sécuritaire et juridique des réfugiés congolais au Burundi », le document est issu d’une mission d’enquête menée du 1ᵉʳ au 26 janvier 2026 par la CRDH, l’APDH, la Diaspora Plurielle Congolaise, le Collectif GAKONDO et la Mutualité ISOKO USA.
Selon le rapport, environ 12 500 réfugiés congolais vivent dans des camps et sites burundais « dans des conditions inhumaines et indignes ».
Les enquêteurs affirment avoir documenté 120 décès, « en majorité évitables », causés notamment par le paludisme, la malnutrition, le choléra et l’absence de soins médicaux.
« Nous avons rencontré des femmes violées, des vieillards abandonnés et des familles empêchées de rentrer chez elles contre leur volonté.
Et nous avons compté les morts », a déclaré Maître Jean-Paul Paluku Ngahangondi, coordonnateur national de la CRDH, lors de la présentation du rapport à la presse.
Le document fait également état d’attaques armées répétées, de violences sexuelles et d’agressions à l’arme blanche.
« Des enfants meurent parce qu’il n’y a ni médicaments, ni eau potable, ni protection », indique le rapport.
Le point le plus alarmant concerne la rétention forcée des réfugiés.
Selon le consortium, tous les réfugiés interrogés souhaitent rentrer volontairement en République démocratique du Congo, un droit qui leur serait refusé par les autorités burundaises.

« Ils sont maintenus dans les camps contre leur volonté, sans justification sécuritaire valable, sans base légale et sans calendrier de retour », a affirmé Jean-Paul Paluku Ngahangondi.
« Cette pratique constitue une violation flagrante de la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés et une privation arbitraire de liberté », a-t-il ajouté.
Le rapport dénonce également une instrumentalisation politique des réfugiés congolais.
« Utiliser des civils vulnérables comme levier diplomatique est une ligne rouge absolue », préviennent les organisations signataires, estimant que cette situation viserait à « capter des fonds humanitaires et produire une image politique avantageuse ».
Sur le plan juridique, les faits documentés relèvent, selon le consortium, de violations graves du droit international humanitaire.
« Ils peuvent être qualifiés de crimes de guerre et, en raison de leur caractère systématique et organisé, de crimes contre l’humanité », au sens de l’article 7 du Statut de Rome, précise le rapport.
S’adressant à la communauté internationale, les auteurs lancent un avertissement :
« L’inaction devient complicité. Le droit international n’est pas une option. »
Le consortium exige notamment la fin immédiate de la rétention forcée des réfugiés congolais, l’organisation urgente d’un retour volontaire, sûr et digne, ainsi que l’ouverture d’enquêtes internationales indépendantes et la poursuite judiciaire des responsables, quel que soit leur rang.
« Les réfugiés congolais ne doivent plus être traités comme des chiffres, mais comme des êtres humains », a conclu Maître Jean-Paul Paluku Ngahangondi.

