La tension politique en République démocratique du Congo franchit un nouveau palier et se projette désormais au-delà des frontières nationales.
Dans une déclaration publiée le 25 janvier 2026, le PPRD-Diaspora, branche extérieure du parti de l’ancien président Joseph Kabila, a dressé un réquisitoire sévère contre le pouvoir en place, qu’il accuse d’installer un système de gouvernance fondé sur la peur, la surveillance et la répression.
Au centre des critiques figure le Conseil national de cyberdéfense (CNC).
Officiellement conçu comme un instrument de cybersécurité, cet organe est présenté par l’opposition comme un outil de contrôle politique. Le PPRD-Diaspora affirme que le CNC s’est transformé en « un appareil parallèle de surveillance et de coercition », allant jusqu’à le qualifier de « police politique de type Gestapo technologique », selon les termes mêmes du communiqué.
Pour le parti, cette évolution s’inscrit dans un contexte plus large marqué par « la multiplication des arrestations politiques, la criminalisation de l’opposition » et la réactivation de la peine de mort. Une dynamique jugée incompatible avec les principes de l’État de droit, d’autant plus qu’elle viserait, selon le PPRD, des figures majeures de l’opposition, dont Emmanuel Ramazani Shadary et Aubin Minaku, récemment interpellés.
Face à ce qu’il considère comme une impasse politique interne, le PPRD-Diaspora se tourne vers les partenaires internationaux de la RDC. Il salue particulièrement les prises de position de la Belgique et de la France en faveur d’un dialogue national inclusif.
« Pour sa cohérence et sa vocalité, désormais rares dans le concert des Nations face aux dérives observées à Kinshasa, mention spéciale est faite à la Belgique », souligne le communiqué.
Ces derniers jours, des démarches diplomatiques ont été entreprises à Kinshasa et à Bruxelles.
Le 19 janvier, une délégation du parti a échangé avec l’ambassadrice de Belgique sur « la détérioration de la situation sécuritaire et du climat politique », évoquant notamment des enlèvements et des arrestations visant des opposants et des journalistes. Le 22 janvier, le PPRD a remis un document de position au ministère belge des Affaires étrangères, appelant à une décrispation politique et à un dialogue crédible.
À l’approche du Conseil des ministres européens du 29 janvier, l’opposition congolaise en exil exhorte l’Union européenne à agir.
Elle réclame « la libération immédiate des détenus politiques et d’opinion », la fin des arrestations arbitraires et la dissolution du CNC, estimant qu’« un organe présenté comme outil technique de cybersécurité ne peut devenir un instrument de police politique ».
Alors que la Commission nationale des droits de l’homme affirme suivre ces dossiers « avec attention », cette sortie du PPRD-Diaspora illustre l’internationalisation croissante de la crise politique congolaise, désormais posée comme un enjeu de gouvernance démocratique et de stabilité régionale.

