Sous le thème « Jiwe langu kwa usalama na umoja katika mutaa wa Beni, Kivu hata Ituri » (ma pierre pour la paix et l’unité à Beni, au Kivu et en Ituri), la Charité Action pour le Développement (CAD-RDC) a réuni jeudi 22 janvier 2026 plusieurs couches sociales.
Cette rencontre est appuyée par l’organisation Ubuntu Panafrica, rassemblant religieux, administratifs et coutumiers de la région de Beni, pour réfléchir sur la situation sécuritaire dans l’est de la RDC.
Maître Fidèle Ubuntu, responsable d’Ubuntu Panafrica, a critiqué la MONUSCO et les organisations internationales :
« L’ONU ne sauve et ne sauvera personne. Les droits humains théoriques sont prévus dans ses résolutions, mais nos coutumes sont plus anciennes et assurent l’équilibre social et les droits humains mieux que quiconque », a-t-il déclaré.
Selon lui, protéger les Congolais nécessite un partenariat sincère entre religieux, coutumiers et l’État congolais, en prenant comme point de départ les cultures et traditions locales.
« À une époque de migrations et de contacts avec d’autres peuples, il faut revenir à nos coutumes et traditions pour coexister avec les autres. Nos diversités sont une richesse, elles ne doivent pas devenir une source d’opposition », a-t-il ajouté.

Maître Ubuntu estime que l’accès à la terre et aux ressources naturelles a été compromis depuis l’introduction du droit européen en Afrique. Selon lui, le substrat légal des États devrait rester la coutume et la tradition.
Il appelle à mobiliser les forces ancestrales et la foi au service de la nation : « Si un coutumier possède des forces ancestrales, qu’il les mette au service de la nation (FARDC, PNC, ANR…). Si un pasteur, imam ou prêtre peut apporter l’aide du ciel, c’est maintenant le moment », exhorte-t-il.
Les participants ont promis de vulgariser les notions acquises et d’inviter leurs communautés à la résistance. Madirisha Vuyingo, chef de bureau de la décentralisation et affaires coutumières à Beni, a salué l’initiative : « Nous allons transmettre ce que nous avons écouté, et nous pensons que ce ne sera pas la dernière fois ».
Le représentant de l’autorité urbaine a invité les religieux à contextualiser la parole de Dieu selon les réalités locales plutôt que de recourir aux cultures étrangères.

