Plusieurs centaines de familles banyamulenge ayant fui les exactions à Uvira, dues au retour de l’armée congolaise et de ses alliés wazalendo, vivent dans des conditions humanitaires précaires à Kamanyola, dans le territoire de Walungu.
Des femmes, hommes et enfants affirment avoir quitté Uvira dans l’urgence, après la destruction de leurs maisons, le pillage de leurs biens et des menaces visant leur sécurité.
Les déplacés évoquent des attaques ciblées et des scènes de panique au moment de leur fuite.
« Nous avons fui parce que nous étions attaqués. On nous jetait des pierres et on menaçait de nous lyncher. Dans la fuite, j’ai perdu des enfants et tout ce que nous possédions est resté à Uvira », témoigne Espérance Ngohonipa, arrivée à Kamanyola dimanche matin.
Les familles déplacées disent manquer de nourriture, d’abris et de soins de santé, et craignent une dégradation rapide de la situation, notamment pour les enfants.
L’Alliance Fleuve Congo/Mouvement du 23 mars (AFC/M23) rassure les déplacés banyamulenge
Une délégation conduite par le Dr Freddy Kaniki, le vice-gouverneur Gad Mukiza, Laurence Kanyuka, porte-parole du mouvement, ainsi que l’honorable Moïse Nyarugabo, a rencontré les déplacés afin d’évaluer leurs besoins et d’échanger sur leur situation.

À l’issue de ces échanges, Laurence Kanyuka a assuré que l’AFC/M23 restait aux côtés des populations affectées.
« Nous rassurons la population que nous sommes ensemble. Nous ne les avons jamais abandonnés et nous ne les abandonnerons jamais. Nous cherchons des voies et moyens pour leur permettre de vivre normalement et dans la dignité », a-t-il déclaré.
Plusieurs déplacés ont, pour leur part, demandé des garanties de sécurité et le départ des wazalendo afin de pouvoir regagner Uvira.
Dans une lettre officielle datée du 15 janvier 2026 et adressée au secrétaire général des Nations unies, António Guterres, l’AFC/M23 avait annoncé le retrait total de ses forces de la ville et son placement « sous la responsabilité pleine et entière de la communauté internationale ».
Le mouvement justifiait cette décision par son attachement au cessez-le-feu et sa volonté de privilégier une solution politique à la crise.
Depuis ce retrait effectif, plusieurs sources locales font état de scènes de pillages, de destructions de maisons et d’édifices religieux à Uvira, alimentant les inquiétudes des populations et accentuant la crise humanitaire dans cette partie du Sud-Kivu.

