Dans la ville commerciale de Butembo, au Nord-Kivu, les jugements et sanctions prononcés par des habitants, plutôt que par les organes juridiques compétents, aboutissent à des pertes en vies humaines, touchant principalement des présumés bandits et, parfois, des innocents.
La société civile de la commune de Bulengera a entamé une série de rencontres avec les habitants afin de les inviter à bannir la justice populaire.
Ce vendredi 16 janvier 2026, dans la cellule Vuhika, au quartier Kyaghala, elle a exhorté la population à renoncer à cette pratique.
« La population doit renoncer à la justice populaire, une pratique proscrite par la loi, la coutume et même la Bible », a rappelé Jonh Kameta, président de cette structure citoyenne.
Il a insisté sur l’importance de privilégier le dialogue et le vivre-ensemble, invitant les parties en conflit à toujours promouvoir l’entente mutuelle plutôt que d’adopter la violence.

La première semaine de l’année 2026, deux personnes avaient perdu la vie à Butembo à la suite de cas de justice populaire. L’une, accusée de sorcellerie, avait été brûlée vive, tandis que l’autre, un malade mental accusé de vol de téléphone, avait succombé à ses blessures après avoir été lapidé par des habitants.
Les acteurs communautaires précisent que seules des enquêtes appropriées et des procédures légales permettent de garantir la justice et de prévenir d’autres actes de violence de la part de justiciers improvisés.
La justice populaire porte atteinte à la dignité humaine, mais aussi à l’État de droit, et entraîne des conséquences graves, notamment l’élimination de vies innocentes.

