Au moins une vingtaine de déplacés internes du site de Kigonze, à Bunia, ont été remis en liberté après près de deux mois de détention par les services de sécurité. Ces personnes étaient soupçonnées de collusion avec la milice CRP, active dans l’Ituri.
Selon des sources locales, leur libération fait suite à l’absence de preuves suffisantes.
Les autorités sécuritaires justifiaient les arrestations par des renseignements évoquant la présence de combattants CRP infiltrés parmi les déplacés, utilisant le site comme base logistique. Il s’agit de la deuxième vague de libérations après celle de décembre 2025.
Le président de l’Association des déplacés de l’Ituri souligne que la majorité des personnes arrêtées sont des civils ayant fui les violences dans le territoire de Djugu.
Les interpellations avaient suscité une vive inquiétude parmi les 17 000 habitants du site, principalement des femmes, des enfants et des personnes âgées.
Plusieurs déplacés dénoncent des arrestations arbitraires, menées lors de bouclages répétés, perçus comme une stigmatisation collective.
Le député provincial Moïse Uzunga Wathum a dénoncé l’impact psychologique et humanitaire de ces interventions, appelant à adapter la stratégie sécuritaire pour protéger les droits fondamentaux des déplacés tout en luttant contre les groupes armés.
Le droit international humanitaire protège les sites de déplacés internes comme espaces civils inviolables.
Les forces armées congolaises estiment toutefois que la milice CRP exploite parfois ces sites, compliquant la distinction entre civils et combattants.
Rachidi Kudra, depuis Bunia

