L’Angola pourrait être un acteur déterminant dans la résolution de la crise à l’Est de la RDC.
Selon Jeune Afrique, les voyages de Félix Tshisekedi à Luanda les 5 et 8 janvier 2026 seraient dus à l’avancée de l’AFC/M23 à Uvira, chef-lieu du Sud-Kivu. L’inquiétude est grande à Kinshasa.
La progression des rebelles vers le sud de la RDC redoute une extension du conflit vers le Katanga. Conscient du danger, Félix Tshisekedi a multiplié les démarches auprès de plusieurs capitales pour obtenir un soutien militaire direct.
Une demande formelle d’entraide militaire a notamment été adressée à Luanda mi-décembre, quelques jours seulement après la chute d’Uvira.
« L’Angola, c’est l’assurance-vie de Félix Tshisekedi », commente une source diplomatique. On sait que Luanda ne voudrait pas voir s’installer à Kinshasa un régime aligné sur celui de Kigali.
Selon nos informations, l’Angola a refusé l’idée d’une intervention directe et rappelé que même lorsque la force de la SADC était déployée à Goma, aucune troupe angolaise n’avait été envoyée sur le terrain.
Le président Lourenço a préféré proposer une médiation politique. Cette offre a reçu l’aval de Félix Tshisekedi et ouvert la voie à une nouvelle séquence diplomatique entre les deux pays.

Dans la foulée, le chef de l’État angolais a entamé une série de consultations discrètes, y compris avec l’ancien président Joseph Kabila et deux de ses proches, Moïse Nyarugabo et Raymond Tshibanda, tous trois rendus à Luanda.
Parallèlement, l’Angola tente de peser sur l’organisation d’un dialogue. Des représentants de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) et de l’Église du Christ au Congo (ECC) pourraient être invités.
Plusieurs acteurs de l’opposition congolaise, dont des membres de l’entourage de Moïse Katumbi, ont également été approchés. L’AFC/M23 a été invitée à Luanda.
Mais dans une réponse datée du 9 janvier et rendue publique le 11, Corneille Nangaa demande des éclaircissements préalables : s’agit-il d’un nouveau processus de négociations, d’un processus parallèle à celui de Doha en cours, ou d’une approche complémentaire destinée à le renforcer ?
Hier, lundi 13 janvier, Félix Tshisekedi s’est rendu à Lomé, où il a rencontré le président togolais Faure Gnassingbé, dans le cadre de ses tournées diplomatiques pour tenter de pousser à un dialogue sous pression militaire. Les autorités de l’AFC/M23 ont indiqué le 12 janvier 2026 à Goma leur détermination à libérer toute la RDC.

