L’Alliance Fleuve Congo/Mouvement du 23 Mars (AFC/M23) a adressé une correspondance officielle au président angolais João Lourenço, également président en exercice de l’Union africaine, dans laquelle elle exprime ses préoccupations sur l’évolution des initiatives diplomatiques autour de la crise sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo, a appris Kivu Morning Post dans une lettre adressée au Président Angolais.
Dans cette lettre signée par son coordonnateur politique, Corneille Nangaa Yobeluo datant du 9 janvier 2026, le mouvement salue l’engagement personnel du chef de l’État angolais et ses « efforts constants » en vue de la recherche d’une solution politique globale, durable et concertée à la Crise congolaise.
L’AFC/M23 rappelle y avoir proclamé, « de manière volontaire et unilatérale », un cessez-le-feu le 7 mars 2023 à Luanda.
Le mouvement affirme continuer à respecter cet engagement, tout en accusant le gouvernement congolais d’avoir privilégié l’option militaire.
« Ce cessez-le-feu n’a jamais été respecté par le Gouvernement de Kinshasa », écrit le mouvement, qui dit n’avoir recouru qu’à des « mesures de défense » pour protéger ses positions et les populations sous son contrôle.
La correspondance met également en avant le processus de négociations engagé à Doha depuis le 30 mars 2024 sous-médiations qataries. L’AFC/M23 estime que ce cadre a permis des avancées substantielles, citant notamment le communiqué conjoint d’avril 2025, la déclaration de principes de juillet 2025, les mécanismes relatifs aux détenus et au cessez-le-feu, ainsi que l’Accord-cadre de Doha signé en novembre 2025.
Cependant, le mouvement se montre préoccupé par les initiatives récemment évoquées à Luanda. Il s’interroge sur la nature exacte de cette démarche.
« S’agit-il de l’ouverture d’un nouveau processus de négociations, d’un cadre parallèle ou d’une initiative complémentaire au processus de Doha ? », questionne l’AFC/M23 dans sa lettre.

Le mouvement met en garde contre toute initiative susceptible de remettre en cause les acquis du dialogue en cours, estimant que la multiplication de cadres de médiation non coordonnés risque de « fragiliser la clarté, la cohérence et la crédibilité » du processus de paix et d’« affaiblir les garanties offertes aux parties ».
L’AFC/M23 demande en outre des clarifications sur le rôle de la médiation qatarie dans toute éventuelle rencontre à Luanda, rappelant que celle-ci a été « centrale, constante et déterminante » dans le processus de Doha.
Le mouvement évoque également les précédents changements de formats entre Nairobi, Luanda et Doha, qu’il considère comme une source d’instabilité méthodologique nuisible à la construction de la confiance.
Le mouvement appelle le président João Lourenço, en sa qualité de président en exercice de l’Union africaine, à éclairer les parties sur « la nature, la finalité et l’articulation des initiatives en cours », au nom de « l’intérêt supérieur de la paix durable et de la stabilité régionale ».
Selon des sources concordantes, l’AFC/M23 a récemment été invité en Angola à la demande du président congolais Félix Tshisekedi, dans le cadre d’une nouvelle initiative diplomatique conduite par Luanda.
Le Président, congolais Felix TSHISEKEDI s’est rendu à deux reprises à Luanda où il a échappé avec son homologue Angolais, Joao Lourenço. Kinshasa a annoncé l’ouverture imminent d’un diolague entre les acteurs politique de la RDC. Lors d’un briefing à Kinshasa, le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a indiqué que ce dialogue, qui n’est remplace pas Doha et Washington devra se tenir dans la capitale congolaise.
« Le dialogue se tiendra au pays, pas à l’étranger », a-t-il déclaré.

