La situation humanitaire reste critique dans la localité de Bule (anciennement Boulay), dans le territoire de Djugu, en province de l’Ituri, plusieurs semaines après son occupation par le mouvement CRP, en cohabitation tendue avec les FARDC.
Malodra Désiré, responsable de la société civile des Bahema Badjere, alerte sur les conditions de vie extrêmement difficiles des populations civiles, prises au piège d’un contrôle partagé par les deux belligérants. Selon lui, les éléments de la CRP occupent principalement Bule-centre, tandis que les FARDC sont positionnées dans un camp militaire à la périphérie.
Cette configuration sécuritaire expose les habitants à une insécurité permanente. Plusieurs familles ont été contraintes d’abandonner leurs habitations.
Certaines se sont réfugiées dans les installations de l’armée ougandaise, faute d’alternatives, sans bénéficier d’aucune assistance humanitaire, que ce soit en nourriture, en soins de santé ou en abris.
La société civile signale également l’effondrement des services sociaux de base : structures sanitaires et scolaires ne fonctionnent plus normalement, tandis que les activités économiques sont quasi arrêtées.
La circulation sur les axes routiers reste limitée en raison des contrôles et barrières imposés par les hommes armés.
Malodra Désiré appelle les autorités congolaises et les partenaires humanitaires à intervenir d’urgence pour sécuriser la zone, assister les populations et rétablir l’autorité de l’État dans cette partie du territoire de Djugu. Pour l’instant, un calme relatif prévaut après une semaine d’affrontements violents.
Toutefois, la situation demeure imprévisible, les deux belligérants se surveillant mutuellement, laissant planer la crainte d’une reprise des hostilités.
Rachidi Kudra, depuis Bunia

